Archives de Tag: artiste linograveur

Les Filles du Vent

Après avoir bien gravé, et durement, le chêne de mon phoenix, je repars dans la miniature ! Ici, ils construisent des éoliennes, sur les hauteurs, évidemment. Un bon sujet, surtout que le premier jour, le vent a bien soufflé pour les accueillir. Alors, l’inspiration est venue, forcément. Et dans un grand brassage d’air, elles furent pour moi – dès cet instant – ses filles : » les filles du vent ».

Et dans le même temps, mes petites filles sont folles de balançoire. Elles volent dans l’air, accrochées au ciel. Alors par un étrange effet de mon imagination et du vent qui soufflait sur celles-ci, les éoliennes sont devenues vivantes, leurs pales gigantesques devenant les filles sur leurs petits sièges.

J’ai dessiné, dessiné, croqué, pris des photos, pour finalement tout séparer, comme les bâtisseurs qui assemblent les éléments épars. J’ai gravé trois filles séparément, et les cordes qui symbolisent les pales sont devenues des lignes de texte, et comme c’était trop rigide à mon goût, j’ai fabriqué des guide-lignes courbes !

Sur le lit de la presse, ce fut une autre histoire, les filles sont dans des petits carrés, qu’il a fallu orienter, les guide-lignes courbes devaient suivre le mouvement, et il manquait le mât. Je l’ai gravé léger, il fut le seul à être parallèle aux bords.

filles du vent

Finalement après beaucoup de tâtonnements, ça marche, c’est très loin de ce que j’imaginais au début, mais c’est tout le temps comme ça, mes créations m’échappent, et je laisse faire !

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Une gravure sur bois vraiment très humaine : le phoenix de st mars !

Eh bien voilà, c’est fini ! Encore une page qui se tourne ! Après trois jours intenses, de bonheur partagé, de fatigue aussi, un peu de nostalgie, déjà ! J’ai partagé, donné, reçu ! Des émotions, des rires, et aussi du sérieux. Ce sont surtout les enfants qui ont imprimé : d’abord toute une classe qui est venue, danser, piétiner, écrabouiller l’estampe, en musique, en rythme, dans la bonne humeur. Ensuite, pendant les deux autres jours, encore les enfants, connus et inconnus.

les enfants de st mars impriment

J’ai quasiment un « show », une performance totale, un spectacle : j’ai retrouvé le plaisir « de la scène », oublié depuis quelques années ! J’ai retrouvé aussi le plaisir de la mise en scène : combiner l’impression par les pieds des enfants, avec mes amis musiciens venus pour « le fun », avec la partie technique : l’encre, le papier, et la régularité de la pression. Tout cela en sécurité : pas de chutes, de salissures, de bousculades !

mes musicos !

impression du musée de blain

J’ai appris plein de nouvelles choses : comment dessiner, graver, imprimer en public avec la seule énergie humaine ! Par exemple, éviter que les pieds ne déchirent le papier, que ledit papier ne bouge, et connaître le temps de la pression ! Du jamais fait pour moi, une plongée dans l’impression,les yeux grands ouverts, et l’esprit bien en éveil.

le final de st mars

Voilà, c’est fini, les gravures sont à la hauteur de l’ouvrage fourni, c’est bon !

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Des pro de la linogravure à la Bergerie

Une semaine de pause après la création du phoenix à St Mars du Désert ? Eh bien non, parce que j’avais programmé un stage, peur de m’ennuyer certainement !

Et ce stage : géant, inattendu, comme à chaque fois que j’organise un événement. Cette fois, ce sont des stagiaires, quasiment des pro, dessinant, gravant, explorant la matière depuis de longues années, qui se sont retrouvés à la Bergerie . Un instant je me suis même demandé ce que j’allais leur apporter…

Il y a bien l’atelier, un espace assez merveilleux, gros murs de pierres, belles solives au plafond, soutenues par une longue poutre portée par deux poteaux de chêne. Pour qui aime les ambiances, le rêve.

Il y a aussi les presses, en fonte, petites, minuscules même, moyennes et très grosses, de beaux objets « vintage » mais surtout, fonctionnels, pratiques, et marchant à l’énergie humaine : pas de moteur autre que les bras !

Et les casses d’imprimeurs, et les gravures, et le bon vieux poêle « godin » qui ronronne…

Bon, il y a moi, aussi, graveur installé depuis 6 ans maintenant, plein d’énergie et d’expérience, à la fois heureux et surpris par leur talent !

Tout cela m’a rappelé mon époque « professeur de pub » quand j’étais plus exigeant avec les élèves capables d’un bon niveau d’exigence justement, qu’avec d’autres.

Alors on est partis dans de « grandes réalisations » ni elles et lui ou moi savions que nous ne pouvions nous contenter du facile, du normal, de l’habituel. Alors on s’est donnés à fond, fatigue ou pas, il fallait y aller, et on y est allés. Au point que le stage s’est achevé vers 21 heures dimanche !

image stage 03:15

Le résultat : à la hauteur des attentes de chacun, que ce soit la précision et le détail du trait pour l’une, l’ambiance de la nuit et sa traduction pour l’autre, l’enchevêtrement du feuillage autour de la statue pour lui. Et pour moi, le bonheur d’encadrer des artistes en limite de la professionnalisation, avec la certitude d’avoir encore appris lors de cette rencontre, et d’attendre encore d’autres expériences comme celle-ci.

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Qui soulève la mairie, le retourne et la secoue pour nettoyer son plancher gravé ?

  • Qui soulève la mairie, la retourne et la secoue pour nettoyer le plancher gravé ???
  • C’EST JPGRAVEUR !!!

répond le coeur des enfants venus avec la classe de cm1-cm2 visiter la mairie investie par les artistes !

jpgraveur !

Dur dur de travailler avec les enfants ? Alors jouons avec eux, et la question est réglée. Ils ont pourtant posé pas mal de questions :

  • Vous êtes tous des art-tristes ?
  • Non, y en a qui sont plutôt … heu … heureux !
  • Un phoenix ça vit mille ans !
  • C’est un oiseau historique, des grecs quoi,
  • ça vit mille ans quand même !

J’ai  pu terminer l’oiseau en question, ils m’ont aidé à souffler dessus (d’où la phrase qui soulève la mairie … pour nettoyer le plancher gravé ?) jpgraveur leur a bien plu (le nom et le bonhomme aussi !)

le vent

J’ai nettoyé mon petit chantier, et pris rendez-vous pour mardi prochain : on fait un essai grandeur nature d’impression, avec calage du papier, encrages, mise en place des frisquettes (petits caches en papier pour éviter les débordements d’encre) essais de pressions, et pression par Marina (la chef) Marco (chef aussi) sous la direction musicale de Lucie (ma disciple multi-tâches!).

gravure finie

Donc pause dans le pas-à-pas … de danse, et à mardi !

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Gravure sur bois, le deuxième jour

C’est le deuxième jour ! Le bois est toujours aussi dur, mais je sens que mes mains se sont bien habituées, et j’ai pris de l’assurance, avec ce vieux chêne !

gravure sol 1

Ce qui est bien avec le bois, c’est que les copeaux sont superbes !

copeau

Aujourd’hui, je travaille aussi à la gouge de sculpteur, affûtée comme un rasoir, le motif est grand, et la gouge a bien sa place ici.

à la gouge et au maillet

Et à la fin de la journée, la gravure ayant bien avancé, je me sens artisan, manuel, et artiste aussi !

fin de journée

éoliennedu soir 2

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Un tutoriel de gravure, pas à pas, en direct et en public !

Et c’est parti, l’expérience « art démo » est lancée, à Saint Mars du Désert. Je vais réaliser une gravure « in situ » et ensuite l’imprimer à l’aide des pieds dansants du public !

J’ai dessiné un phoenix, et après pas mal d’esquisses, j’ai deux exemplaires : l’un tourné à droite,

phoenix droite

et le même décalqué, mais tourné vers la gauche : chose à ne pas faire !

phoenix gauche

car ensuite, je ne sais plus lequel choisir : la gravure inverse, alors …

Pour commencer, ce lundi je ponce tout d’abord le parquet de chêne de la petite pièce qui m’a été attribuée, sur l’espace que je veux graver.

ponçage

Ensuite, je reporte le dessin, au carbone, et reprends au crayon tendre, et je noircis ce qui doit être noir, le dessin étant un peu confus, sans cela.

crayonné

J’ai reporté une esquisse à coté, pour essayer les outils : gros problème, le bois est très très dur. L’outil peine à s’enfoncer, et a tendance à sortir trop vite du trait. J’ai apporté un petit ciseau électrique de sculpteur et bien m’en a pris : cette fois-ci, l’outil obéit assez bien à la main. J’éviderai les creux à la grosse gouge manuelle.

essai

Alors je passe sur la véritable gravure, et travaille un bon moment : je commence avec l’outil en V et « détoure » les contours du dessin, puis je m’arrête avant de faire des bêtises. À demain !

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Linogravure, éoliennes, rêver jeunesse, l’art et la matière, et moi, et moi ?

Beaucoup trop de choses en ce moment à l’atelier, mais c’est souvent (toujours ?) comme ça : quand il ne se passe rien, il ne se passe vraiment rien, mais quand ça bouge, alors là …

Bon, un peu d’ordre dans tout cela. Tout d’abord, les éoliennes, ça ne se passe pas dans l’atelier, mais pas très loin, alors le temps d’y aller, de voir et de revenir, la tête déjà pleine de projets, d’air, de vent, d’Éole … C’est bien, je sais que je vais graver autre chose que du vent !

éoliennes 12mars15

Et ensuite, une expo qui me tombe dessus comme ça : les gravures de mes stagiaires passés, jeunes stagiaires, pour le festival « Polyglotte » : « rêvez jeunesse » Intéressant, ici aussi, j’ai rassemblé presque 6 années de travaux, je ne pensais pas les encadrer et les exposer ! Alors j’ai fait appel à de l’aide extérieure : ma disciple et sa petite soeur. On a bien travaillé, et l’expo fût prête à temps.

expo gravures bibli 2015

Ensuite, encore une expo, prévue celle-ci, à Sucé sur Erdre, avec le collectif « complicité d’artistes » et avec un thème : « l’art et la matière ». Avec Cathy, on a (enfin) réalisé une oeuvre commune : notre chambre, avec un entourage au crochet ! C’est très doux, et bien dans l’esprit de l’art et la matière ! Ensuite, des gravures tirées sur d’autres matières que le papier blanc : contreplaqué, toile d’artiste, carton enduit, papier kraft.

Avec tout ça, penser aussi à l’expo d’Ancenis sur le thème des ponts, cette fois un pont mythique, celui de La Roche Bernard, reliant la Loire-Atlantique à la Bretagne Sud. Je lui ai ajouté un « Ost » mêlé aux mâts des bateaux de plaisance : J’ai repensé à ce rocher déchiré en deux parties d’un seul coup d’épée par un vaillant et preux chevalier.

lrb,stmars,sucé

Et enfin, préparer mine de rien ma prestation « en live » à Saint Mars du Désert, lors de la fête « art démolition ». J’ai dessiné pas mal de phoenix, pour arriver à ceux-ci, peut-être définitifs, peut-être pas encore ! Déjà, j’hésite : recto ou verso ? Regard à droite, regard à gauche ?

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Des éoliennes, de la lino, des ponts : une vie d’artiste !

Le vent s’est mis à souffler vraiment très fort, un matin. Le Dieu des Vents avait senti que ses enfants, les petites éoliennes arrivaient dans les parages ! Pour moi qui les attends depuis longtemps, voilà un prochain thème de gravures : avec le Maître des Vents, je sens que je vais m’entendre.

arrivée éoliennes

Ici, dans le froid, ou la pluie, ou le soleil, ou le vent, l’atelier même un peu froid reste très accueillant. Pour moi, car le prochain stage est dans un mois. Je me suis déplacé dans un lycée professionnel, présenter mon activité, et donner aux élèves de quoi graver de petits tampons sur le thème des végétaux.

Lycée de l'Erdre

  J’ai aussi continué à travailler sur mon expo personnelle de l’été : des ponts dans tous leurs états ! Et comme la prochaine expo de « Complicité d’Artistes » le collectif d’artistes auquel j’appartiens est pour bientôt, j’ai réalisé l’affiche en commun avec ma disciple préférée.

pont nort aff sucé

Le temps est humide, le papier est nouveau, l’encre un peu trop grasse, résultat, lesdites affiches ont mis 9 jours à sécher ! Vive le séchoir à linge de la maison ! Et comme l’année démarre très fort, j’expose des travaux de jeunes stagiaires à la bibliothèque Des Touches la semaine prochaine, pour le festival Polyglotte qui lui a pour thème « Rêvez Jeunesse » !

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Les travaux sur le pont d’Ancenis : une gravure très humaine !

 

Comme je l’écrivais récemment, la vie à l’atelier reprend doucement son cours . J’avais quelques dessins d’avance ! Alors puisque c’était prêt pour la gravure, j’ai gravé !

Je prépare une exposition majeure pour cet été, sur le thème des ponts. Un Sujet qui me parle bien : le pont relie, fait passer d’une rive à l’autre, et permet la rencontre, facilement. Les villes installées au bord d’un fleuve, à la confluence avec des rivières, collectionnent des ponts, un peu comme si elles ne supportaient plus les cicatrices de l’eau.

Alors, je me suis fixé des objectifs ! Le plus important, avoir suffisamment de gravures, ensuite, avoir des images qui parlent, loin des cartes postales.

Le pont d’Ancenis est en réfection, depuis plusieurs mois, et je le vois ainsi, tenu par des hommes, rigidité du métal d’un côté, humanité des muscles de l’autre.

dessins pont tiré

 

La gravure peut très vite devenir fastidieuse avec l’enchevêtrement des poutrelles, la multitude des câbles, les flots du fleuve : je ramène à l’essentiel, suggère, et simplifie, d’un côté, et accentue, caricature, et déforme même de l’autre.

pont tiré gravé

 

Le résultat après le premier tirage me plaît bien, quelques rectifications, comme l’affinement des câbles, la rectification de certaines lignes, améliorent considérablement l’image.

 

pont tiré papier                                                                                                                                

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La gentillesse des gens

 

Je me promène dans la petite ville,

Vivi court devant moi,

elle est petite, et elle sautille encore.

Elle veut grimper à un arbre :

en ville, c’est difficile d’en trouver un à sa taille.

On finit par en découvrir, qui bordent une ruelle.

Elle se précipite vers l’un d’eux,

et l’escalade sans peine.

Elle rit, joyeuse,

mais crie qu’elle n’arrive pas à redescendre !

Une femme jeune et jolie passe près de nous

et se retourne en riant,

le vent ébouriffe ses cheveux et soulève sa jupe,

elle part, se retourne une dernière fois,

comme dans les dessins de Wolinski.

Je continue à jouer avec Vivi,

qui devient soudainement

la petite du journal de Catherine,

de Cabu.

les filles courent

Mes auteurs de BD de l’adolescence sont là,

doucement, et pour longtemps.

Je suis heureux avec eux,

malgré tout.

***

Et ce matin, Adeline, Caroline et Élizabeth

mes chères artistes linograveuses

sont venues papoter à la maison,

alors que le facteur apportait

une délicate gravure d’Elsa :

la vie reprend son cours

dans la gentillesse

des gens !

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