J’ai pris quelques libertés, avec la saison, avec le temps, et avec les couleurs ! On n’est pas encore au printemps, les tracteurs ne sont pas encore dans les champs.
je voulais une gravure qui mette en valeur la falaise abrupte, rocheuse, assez sombre.
Initialement je la voyais mauve, bordeaux, violette, mais finalement j’ai préféré une impression en un camaïeu de verts.
Pour faire ça, il fallait chantourner la gravure, une fois faite. Un gros défi, la lame doit suivre scrupuleusement les traits gravés.
J’ai découpé le matin, après une bonne nuit, bien zen !
Il y a quelque temps déjà, je pensais à une série.
Autour d’un thème commun, un thème qui réunirait l’ensemble des gravures.
Les graveurs japonais, Hokusai en tête, me fascinent depuis que je grave. Le choix vint assez facilement, ses estampes, je les ai vues à New York, dans un restaurant au nom prédéterminé, à Quimper lors d’une exposition reliant André Rivière et les graveurs Japonais, enfin au Musée Guimet à Paris.
Alors, le Mont Juillet, qui domine notre commune s’est imposé à moi. Il est tout petit, facile d’accès, ne se voit pas forcément de très loin, mais comme le Fuji, c’est un ancien volcan, sa roche est rougeâtre, et depuis la préhistoire, les hommes le vénèrent, tout au moins le fréquentent.
Autour de lui, la vie quotidienne se déroule calmement, économique, agricole, culturelle. C’est un bon prétexte pour parler, par images, de la vie de tous les jours.
J’ai démarré la gravure de la première estampe, le Mont-Juillet en hiver, bien calme dans le paysage des arbres décharnés, dominant la cité, dont on n’aperçoit que le clocher de l’église, en contrebas. J’ai choisi de travailler en couleurs, utilisant la technique de la plaque perdue.
Comme Hokusai j’aime le Bleu de Prusse, il sera à la base des trois verts, donnant ainsi une unité à l’image. J’ai fait trois passages, accentuant la couleur à chacun, partant du jaune primaire avec un soupçon de Bleu de Prusse, et augmentant la quantité de bleu à chaque passage.
Dans cette technique on utilise toujours la même plaque, que l’on re-grave à chaque fois : pour le premier passage, j’enlève le blanc et imprime en vert très pâle, pour le deuxième j’enlève le vert très pâle et imprime en vert plus soutenu, et lors du troisième j’enlève le vert soutenu et imprime en vert foncé.
Je me prépare pour la suite, il faisait beau jeudi dernier, alors j’ai fait un peu de repérage à vélo et pris quelques photos.
Alors que le dernier stage de Linogravure pour 2025 a lieu demain et dimanche, je prépare déjà l’année prochaine :
Les dates des prochains stages pour 2026 :
Samedi et dimanche : 21 et 22 MARS 1 inscrite 18 et 19 AVRIL 15, 16 et17 MAI (technique de la plaque perdue) 13 et 14 JUIN 12 et 13 SEPTEMBRE 10 et 11 OCTOBRE 7 et 8 NOVEMBRE
Je continue mon voyage dans les bleus ! Ici, j’ai repris les plaques de la gravure « vagues et pêcheries » et les ai imprimées en noir pour les pêcheries et en dégradé bleu et blanc pour les vagues.
Depuis un certain (!) temps j’ai laissé mon site WordPress un peu à l’abandon ! Alors, je reprend mes dernières gravures, un peu dans le désordre de leurs créations.
Voici « les cormorans d’Arzal » revisités en bleu de Prusse allégé de blanc pour la plaque de fond, et en noir pour les cormorans. Format 30/40
La toute dernière, à peine sèche, « lAdos à la plage » gravure en trois couleurs selon la technique de la plaque perdue, encore le bleu de Prusse et du blanc. Format 35/50
Gravure en Noir et blanc, « fanions de Lanséria » rehaussée à l’encre au pinceau. Format 40/50.
Marée basse à Pénestin : gravure sur bois, en deux plaques bien repérées, encore le bleu de Prusse et le blanc. Tirée sur papier très texturé couleur sable, 200g. Format 20/40.
« Barques de Brière » en bleu de Prusse pur, c’est en effet la nuit tombante ! et la lumière vient de l’eau qui reflète le ciel. Format A4.
En ce début d’année, je vais vous faire partager la genèse d’une estampe.
Je suis parti d’une esquisse faite « à la va vite », au stylo bille sur un carnet. Elle me plaisait bien cette image, alors je l’ai reproduite agrandie et inversée sur une plaque de lino.
Puis j’ai ajouté les flammes sous le chaudron.
Mais que faisaient-elles, quelle histoire allait raconter cette image ?
Dans un premier temps j’ai dessiné un angelot qui s’envolait dans les vapeurs, puis une enfant-sorcière.
Comme ça ne me disait encore rien, j’ai effacé, et j’ai pensé aux smartphones d’une précédente gravure. Là, ça me parlait bien, deux sorcières préparant une mixture qui accouche de cet objet incontournable, et aussi ensorcelant.
Je tenais mon estampe. Les flammes rougeoyantes, les téléphones dorés, le chat noir qui s’est invité sur leur balai commun, et la nuit noire.
J’ai gravé, j’ai scié, et j’ai préparé les encres, du noir, du rouge, du jaune, du doré. Et j’ai imprimé.
Et là, après avoir imprimé 7 gravures, je me suis arrêté, j’ai bien regardé, et…
… J’ai pensé imprimer la nuit GRISE, laissant les sorcières, le chat et le balai bien noir.
Pour cela, j’ai imprimé en gris en utilisant une technique qui me plaît bien : encrer en noir, imprimer sur du brouillon deux fois de suite sans remettre l’encre, et enfin imprimer le vrai papier en gris pâle.
J’ai imprimé huit feuilles, elles sèchent dans les claies, et j’ai repris la plaque et enlevé la nuit.