Archives de Catégorie: Techniques

Le linograveur a mal aux mains …

Hello !
Comme j’avais assez mal aux deux mains depuis quelques jours (maladie auto-immune qui se réveille), j’ai décidé de ne pas graver : j’ai tenu trois jours… 
La crise se passant, et comme c’est plus fort que moi, j’ai gravé :
Une pêcherie au pied de la falaise, que j’avais dessinée auparavant. 
Je la vois en deux couleurs, un gris « papier » : un blanc transparent avec un soupçon de noir pour le fond, et quand la plaque sera gravée à nouveau, un noir profond. 
Le système dit « de la plaque perdue »
Je vous présente le travail en cours (de récré, de gravure, de remise en forme).
Pour le ciel, j’ai des idées … ça va venir bientôt !

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Les peintres et Pallas Athéna

C’est un beau jour d’été, avec mon fils aîné, on a décidé de peindre dehors. Des années après, je me remémore cette journée, et décide de graver dans le lino cette ambiance artistique. Une muse nous inspire, ainsi Pallas Athéna, déesse des arts et des artisans, apparaît au dessus, en visiteuse curieuse et protectrice.

J’ai commencé par dessiner Pallas, m’inspirant de l’art nouveau pour sa coiffure. Je l’ai gravée une première fois après l’avoir découpée de la plaque principale. Et après quelques tirages d’essai j’ai décidé de lui donner plus de vigueur en ôtant toute la partie droite de ses cheveux. Il fallait accentuer son regard sur l’enfant et donc dégager l’espace entre eux.

Ensuite, j’ai gravé la plaque des deux peintres, et fais une pause : 

Je garde l’idée d’une gravure en Noir et Blanc ?
Ou je pratique la technique de la plaque perdue et j’introduis du gris ?

De plus en plus souvent, je démarre la gravure avant de savoir exactement où et comment je vais : cette méthode laisse une place énorme à l’inspiration, la créativité, la découverte. Elle donne aussi plus de vie aux images, et un peu de sur-réalisme.

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Attraper la lune !

Après avoir retrouvé une ancienne photo de l’un de mes gars courant à travers champ, poussant une brouette en direction d’une énorme balle de paille, je suis parti dans la création d’une gravure, la lune prenant la place de la balle de paille.

J’ai tout d’abord dessiné l’ensemble de mon image sur la plaque de lino, ce qui était gris, comme ce qui était noir. Puis, j’ai gravé la plaque pour les gris, c’est-à-dire que j’ai enlevé les blancs.

Il s’agit de la technique de la plaque perdue, on commence par enlever les blancs sur la plaque, ensuite on imprime avec la couleur la plus claire, ici le gris, et pendant que le papier sèche, on grave à nouveau la plaque (la même) en enlevant cette fois les gris. Et on imprime les noirs par dessus.

Comme je pouvais isoler la lune (en la découpant à la scie à chantourner) je l’imprime en même temps que les noirs, mais en doré !

Il fallait un titre à cette image, je pense à « attraper la lune »ce qu’on a pratiquement tous essayé quand on était ados …

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Créativité incertaine !

Bonjour !

Pour moi, le confinement imposé, même si je l’ai compris et respecté, n’était pas propice à la création. Surprenant, puisqu’il était censé libérer du temps, seulement voilà, le temps libéré par force n’est pas vraiment du temps libre …

Alors comme beaucoup je crois, ce temps disponible a été affecté aux tâches domestiques longtemps repoussées par justement ce manque de temps.

Aujourd’hui, après l’atterrissage du dé-confinement, je repars doucement dans la création : j’avais rouvert des boîtes de photos, datant de l’époque des photos sur papier et en avais sorti quelques-unes. Dont une où l’un de mes enfants courait dans un champ moissonné avec une brouette vers une énorme balle de paille, tel un « Sisyphe » moderne !

Cette image trainait en moi. Il y avait quelque chose à faire avec elle, mais c’était au temps morne du confinement, et rien ne venait. Alors je l’ai dessinée telle quelle, histoire d’attendre la lumière, si toutefois elle venait !

C’est venu tout doucement, et surtout avec la perspective presque certaine que ça allait déboucher. Tout d’abord, il fallait penser aux Noirs et Blancs. Chez les graveurs, cette notion est primordiale, l’un ne va pas sans l’autre. C’est comme en musique, les Noires et les Blanches. Aujourd’hui, cette évidence prend encore plus son sens avec la ségrégation scandaleuse des USA.

J’étais donc arrivé au noir et blanc : qui serait le noir et qui serait le blanc ? Dans la création graphique cette interchangeabilité va de soi. Évidemment, dans la vie courante ce n’est pas aussi simple.

J’ai sauté un nouveau pas : j’allais « métisser » tout cela ! Le gris arrivait !

Dans mon image le ciel était blanc, le sol gris, avec des noirs et des blancs ici et là, la botte noire à l’ombre, et grise au soleil, et le ciel tout blanc, avec quelques nuages, histoire d’assombrir un peu l’image.

C’était intéressant, mais sans plus : Qu’est-ce que ça disait ? Un temps j’ai pensé ajouter du texte. Alors j’ai remisé tout cela dans un coin de … mon cerveau, ma tête, mon cœur !

C’est un matin, (encore un matin !) au réveil, que l’idée s’est faite image : la botte de paille, pourtant essentielle dans la photo initiale, disparaissait. C’est la lune apparaissant sur l’horizon qui prenait place dans l’image, laissant l’imagination de celui qui regarde vagabonder : ce que je recherche dans mes images. 

Ainsi, la lune sera grise, ou noire, ou rouge grenat, je l’ai découpée de la plaque de lino, pour l’encrer séparément.

C’est bon, j’ai repris pied, l’enlisement ne fût que passager, l’a-venir vient, c’est tout bon !

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Un livre d’artiste en typo et linogravure : « livre de bord »

Entre le jardin et l’atelier, recherche d’un équilibre : lumière du soleil, douceur de l’atelier, semis des légumes et distribution des caractères, organisation du potager et impression des pages.
À l’atelier, j’ai repris la composition et la gravure de mon « livre de bord ». Comme j’utilise des typo de petit corps : 10 ou 12 points, j’imprime séparément l’image et l’écrit.
J’utilise ma presse à épreuves entièrement manuelle, la grande Vandercook, sans encrage automatique. Et puisque mes textes n’ont que trois lignes, j’utilise comme rails de guidage du rouleau encreur, des filets en bois ramenés à l’exacte hauteur typographique : et ça marche bien, avec une frisquette qui évite de maculer les feuilles.
Sur le dernier tirage, le papier choisi, un 300 grammes à très gros grain, j’ai décidé de le mouiller à l’emplacement de la typo pour avoir une impression uniforme. 
Le résultat en photos.

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Retour à l’atelier de Linogravure

Après le Salon « anima libri » de Montreuil Bellay, retour à l’atelier. Mes petits enfants ont bien joué dans l’atelier, avec les bouts de bois, les papiers, la colle à bois pour faire des trucs : un avion, une maison, et même une église !

Moi, j’ai eu un souci de santé, une vilaine polyarthrite s’était occupé de mes mains il y a bien longtemps, je la croyais endormie, mais non, son réveil brutal m’a plongé dans le désarroi, l’arrêt de la gravure, et le moral en bas. Heureusement, la médecine (que je critique parfois !) m’a sorti de ce mauvais pas. Alors je recommence doucement : je fais de la typographie, le plomb c’est lourd, mais je travaille avec des petits corps : 10, 12 ou 14 points, alors ça va. Comme je suis encore et toujours emballé par le concept des « livres d’artiste » j’écris et compose des Haïkus pour le prochain « livre-boîte » qui tourne autour des bateaux abandonnés…

Ma prochaine « expo-démo-animation » devait avoir lieu au Château de la Groulaie à Blain, les 11, 12 et 13 Avril à l’occasion des JEMA les journées Européennes des Métiers d’Art, que nous organisions pour une dizaine de participants, avec une collègue enlumineure-graveure et les bénévoles du musée. En raison du confinement tout est annulé.

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Cadeau de Noël à l’atelier de linogravure !

Mon âme d’enfant a trouvé de quoi s’exprimer ce matin dans l’atelier : j’ai déballé trois nouvelles casses que j’avais commandées sur internet et qui m’attendaient depuis samedi !!!

C’était un peu comme un cadeau de Noël pour le graveur-imprimeur que je suis depuis désormais onze années.

J’avais vu les caractères en photo, mais les voir « pour de vrai » les tenir en main et les découvrir doucement, au coin du poêle à bois qui ronronne, dans le silence d’un petit matin calme du dimanche, quel bonheur !

J’ai donc passé la matinée à ranger, nettoyer, caresser le bois, imaginant déjà ce que j’allais composer, heureux comme un gamin. Mon épouse attendrie s’est gentiment moqué, mais elle est d’accord avec moi quand je dis que dans notre monde agité, c’est bon parfois de prendre le temps de faire de l’inutile, et de profiter des choses simples.

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Un rêve de Père Noël !

Il me restait à graver le Père Noël et sa belle, c’est fait, il fallait aussi choisir sa couleur, à elle ! J’ai dilué le rouge « coquelicot » du Père Noël dans un « blanc transparent » sans trop mélanger les deux : on a l’impression un peu évanescente d’un contour au pinceau…

Et comme je suis dans le rouge, j’en profite pour préparer ma carte de voeux 2020 : forcément l’une de mes dernières acquisition, la police « cursive » en corps 36 pour le texte en noir, et « 2020 » écrit en caractères orphelins trouvés dans un cartons de « vrac », pas trop abimés, et très originaux ! Je n’avais pas de « y » pour Caty, un « i » fait l’affaire en attendant : j’ai meulé à la mini fraise le haut d’un « g » et un beau « y » est né pour les cartes suivantes !

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Un rêve de Père Noël !

Il y a quelques jours j’ai posté l’image de mon père Noël chevauchant un balai de sorcière tout noir, et guidé par deux corbeaux.

Hier matin, bien concentré, l’oeil vif, et la main sûre (!) j’ai découpé à la scie alternative la plaque en deux parties. L’une suit précisément le contour du personnage, l’autre celui du balai. Il fallait être sérieusement précis pour bien isoler la main et la jambe du balai. Mais ça fonctionne ! 
Ensuite, il ne restait plus qu’à graver : facile !


Aujourd’hui j’ai imprimé, les deux couleurs ensemble : encrage plaques séparées, et impression réunies. 


A la fin de la journée, je nettoie les plaques, et tout d’abord, j’imprime sur une feuille de brouillon, et en voyant le résultat, je pense : je dois pouvoir mettre autre chose qu’un balai dans les bras du père Noël : une sorcière ? Non, mieux : une jolie fille, comme un rêve pour un homme aussi occupé ! 


gravure et impression à suivre !

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Le Déluge !

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Depuis plusieurs jours, je travaille sur un livre d’artiste. Le sujet est : « Les animaux de mon entourage ». Ainsi j’ai gravé un cheval, une souris, un renard, une araignée, des moutons, des vaches, un poisson … et pour chacun d’entre eux, j’ai écrit un haïku.
Mais pour le titre, pendant quelques jours, j’étais incertain. Quand soudain, le titre « Le Déluge » s’est imposé.
Je suis particulièrement heureux du contraste entre la quiétude des animaux, et le déchainement de l’océan au dehors. Un peu comme notre monde aujourd’hui !

Gravure tirée sur papier 170g écru 30/40 cm
le tirage dans la presse de la plaque « arche de Noé »
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