Archives Mensuelles: janvier 2015

Les travaux sur le pont d’Ancenis : une gravure très humaine !

 

Comme je l’écrivais récemment, la vie à l’atelier reprend doucement son cours . J’avais quelques dessins d’avance ! Alors puisque c’était prêt pour la gravure, j’ai gravé !

Je prépare une exposition majeure pour cet été, sur le thème des ponts. Un Sujet qui me parle bien : le pont relie, fait passer d’une rive à l’autre, et permet la rencontre, facilement. Les villes installées au bord d’un fleuve, à la confluence avec des rivières, collectionnent des ponts, un peu comme si elles ne supportaient plus les cicatrices de l’eau.

Alors, je me suis fixé des objectifs ! Le plus important, avoir suffisamment de gravures, ensuite, avoir des images qui parlent, loin des cartes postales.

Le pont d’Ancenis est en réfection, depuis plusieurs mois, et je le vois ainsi, tenu par des hommes, rigidité du métal d’un côté, humanité des muscles de l’autre.

dessins pont tiré

 

La gravure peut très vite devenir fastidieuse avec l’enchevêtrement des poutrelles, la multitude des câbles, les flots du fleuve : je ramène à l’essentiel, suggère, et simplifie, d’un côté, et accentue, caricature, et déforme même de l’autre.

pont tiré gravé

 

Le résultat après le premier tirage me plaît bien, quelques rectifications, comme l’affinement des câbles, la rectification de certaines lignes, améliorent considérablement l’image.

 

pont tiré papier                                                                                                                                

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La gentillesse des gens

 

Je me promène dans la petite ville,

Vivi court devant moi,

elle est petite, et elle sautille encore.

Elle veut grimper à un arbre :

en ville, c’est difficile d’en trouver un à sa taille.

On finit par en découvrir, qui bordent une ruelle.

Elle se précipite vers l’un d’eux,

et l’escalade sans peine.

Elle rit, joyeuse,

mais crie qu’elle n’arrive pas à redescendre !

Une femme jeune et jolie passe près de nous

et se retourne en riant,

le vent ébouriffe ses cheveux et soulève sa jupe,

elle part, se retourne une dernière fois,

comme dans les dessins de Wolinski.

Je continue à jouer avec Vivi,

qui devient soudainement

la petite du journal de Catherine,

de Cabu.

les filles courent

Mes auteurs de BD de l’adolescence sont là,

doucement, et pour longtemps.

Je suis heureux avec eux,

malgré tout.

***

Et ce matin, Adeline, Caroline et Élizabeth

mes chères artistes linograveuses

sont venues papoter à la maison,

alors que le facteur apportait

une délicate gravure d’Elsa :

la vie reprend son cours

dans la gentillesse

des gens !

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Vague à l’âme et linogravure

 

Le vague à l’âme de l’artiste graveur

Hier, je suis entré dans l’atelier par l’autre porte, celle que je n’utilise presque pas. La première image que je vois, est « c’est pas juste ». Forcément, elle me parle, me dit d’autres choses que lorsque je l’ai conçue, lorsqu’elle n’était qu’un mot d’enfant ! Je me dis que ce qui entoure, colore différemment les mots et les images !

c'est pas juste

Alors, quand je regarde mon atelier de cet autre point de vue, les yeux s’embuent de larmes intérieures. Sur ma très vieille presse inoccupée, s’étale « le loup mangeur de liberté » celui qui a fait dire à une amie « tu as eu le temps de le faire depuis ? » alors que cette gravure existe depuis trois mois…

le loup

Brusquement, toutes ces gravures du temps passé me parlent autrement. « Interdit de dire des gros mots » plaqué sur Liberté Égalité Fraternité Solidarité résonne différemment.

gros mots

De même « Aux Arts Citoyens » où La liberté se déleste de son arme pour empoigner une guitare,

aux art guitare

 

et « Solidarité » avec les hommes occupés à travailler ensemble.

solidarité

Et ce qui me trouble le plus, c’est que je suis allé au bout de chaque projet : il ne s’agit pas de vagues dessins, abandonnés au fond d’un tiroir, mais d’un travail abouti, avec la précision requise en vue d’une oeuvre, avec plusieurs couleurs, une gravure pensée, réfléchie, imprimée, encadrée et mise en exposition, volontairement.

J’avais peur, je crois, d’une atteinte à nos libertés fondamentales. Je me souviens, un de mes amis avait dit en voyant tout ça : « t’as un problème avec la citoyenneté ». Oui, mais j’appréhendais un risque politique plutôt que religieux. Comme beaucoup d’artistes, sensibles, je le suis plus aux gens, et à ce qui m’entoure qu’à l’argent, et aux idoles de toutes sortes de la modernité, loin, très loin des pseudo-artistes-mercantiles.

Un journaliste a dit un jour, qu’on devrait essayer de demander aux artistes ou aux fous comment faire pour nous sortir du bourbier dans lequel nous nous sommes mis, plutôt qu’aux experts et spécialistes de tout poil. Peut-être voyons nous autrement les choses ordinaires de la vie.

Il est 4 heures du matin, et je n’arrive pas à dormir. Malheureux de ce que la bêtise et la haine ont fait. Je vis cette mort collective, comme un arrachement douloureux d’une partie de ma jeunesse. Je voulais travailler dans l’atelier : le coeur n’y est pas. J’ai fini une gravure commencée avant, c’est facile, tout était prêt. Qu’allons-nous, que vais-je devenir après ?

aux arts crayon

Je me rappelle, lors d’un changement professionnel brutal, avoir naïvement dit lors d’un entretien : « Avant, je ne savais pas ce que j’allais faire après »

J’en suis là.

gouges

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Aux arts citoyens !

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Aux arts Citoyens !

***

aux arts !

Mes crayons étalés sur la table

ne bougent pas : tristes

mes gouges en vrac elles aussi

ne bougent plus : chagrin.

***

aux arts !

Impossible de dessiner

impossible de continuer

ce qui est commencé

les projets s’éteignent.

***

aux arts !

Et alors que tout est sombre,

l’énergie me submerge soudain :

ma liberté délestée de son arme

s’empare d’un crayon et crie.

***

aux arts !

Alors, je dessine à nouveau

et je grave dare-dare une Marianne

qui sera rouge, au crayon immense

qui sera bleu, et la mets sous presse

***

aux arts !

Dimanche est le jour où j’imprime,

dimanche est le jour où tous on bouge,

alors on part avec les épreuves d’essai

à peine sèches, collées sur nos manteaux !

***

Aux arts, citoyens !

aux arts !

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CHAGRIN

Le chagrin

***

Quatre dessinateurs,

un peu comme des grand frères,

sont assassinés brutalement,

et disparaissent à jamais.

***

Il faisaient partie de notre environnement,

comme des cousins éloignés,

qu’on ne voit jamais, mais respectés, amusants,

plein de vie, et pourtant…

Ils étaient braves, hardis, courageux,

pour nous.

***

Du chagrin, de la tristesse,

et déjà la mélancolie du temps passé.

solidarité tirée sur bois

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2014 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 30 000 fois en 2014. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 11 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.