La lino du tas de bois

 

Lors de mes deux articles précédents,

je vous faisais part de mes cheminements :

Un projet, mené à son terme, se charge

de changements, de réflexions, c’est le jeu

de la création, garder l’oeil bien ouvert

ainsi que l’esprit, et savoir penser à l’envers.

Et voilà, le résultat, j’ai ombré les creux

entre les rondins, et ça me plaît mieux !

image finale tas de bois

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Tas de bois indocile, et linograveur persévérant

 

J’étais resté dans mon précédent article

sur la première couleur de mon tas de bois.

J’ai donc repris la plaque et enlevé

tout ce qui était ivoire, de façon

à imprimer en brun clair tout

ce qui était écorces et ombres.

plaque tas de bois 2° état

L’impression passe très bien, le

repérage est excellent, mais…

mais … mais … mais …

les couleurs sont trop « tendres »

et je ne trouve pas ce que je cherchais !

tas de bois 2ème état

***

Alors, je vais tenter une troisième couleur :

comme les écorces et les ombres

sont exprimées par le brun clair,

je vais garder les ombres sur la plaque,

et les encrer en brun très foncé.

Je fais un test sur un brouillon,

tas de bois projet 3ème couleur

et ça me semble bon : de plus comme

il s’agit de la technique de la plaque perdue,

rien n’est perdu, elle finira encore

plus dépouillée qu’elle ne l’est !

***

Demain ou après demain, gravure :

je ne garderai que les ombres entre les rondins

pour les imprimer en repérage.

Ma plaque devient de plus en plus abstraite …

Pourvu que je ne verse pas dans le

conceptuel, et autres domaines

pour le moins inquiétants,

puisque je présente

un tas !

plaque prête 3ème gravure

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La linogravure d’un tas de bois

 

Les tas de bois, bien rangés ou en désordre

m’ont souvent fasciné par l’aspect

très graphique des cercles,

des formes étranges de certaines bûches,

et encore plus par les vides

très sombres entre elles.

***

Je voulais donc graver,

mais le « noir-et -blanc » ne

me convenait pas vraiment.

Le bois partout présent ici,

dans l’atelier, la maison, dehors,

a une couleur chaude.

J’ai dessiné rapidement

le début de mon projet :

le bois assez clair

les ombres bien foncées.

tas de bois 0

***

C’était sûr, il fallait deux couleurs :

ou deux plaques, ou la technique

de la plaque perdue : j’ai choisi celle-ci.

Un peu d’éphémère ne nuit pas à la création.

J’ai observé, repris des photos,

me suis attardé devant les

tas de bois bien empilés,

et j’ai dessiné sur la plaque.

chat et bois

***

J’ai préparé une teinte

ivoire-orangée pour le fond :

Comme les ombres et les écorces

seraient brunes, il fallait avoir du brun

dans l’ivoire : donc beaucoup de blanc,

du brun et une touche de jaune.

J’ai comparé avec une grosse rondelle

de saule fraîchement coupée,

c’était bon !

préparation couleur tas de bois

 

saule

***

J’ai gravé la plaque de lino :

enlevant juste les blancs.

Puis l’ai encrée en ivoire et

j’ai imprimée 20 exemplaires

sur un papier blanc-écru de 170g.

1ère impression tas de bois

Ensuite, j’ai repris la plaque,

et dessiné les parties à conserver :

les plus foncées, et gravé ce qui

allait être ivoire sur l’estampe.

C’est assez complexe, je veux

du brun pour les fissures, l’écorce

et les ombres entre les bois :

Alors que je figure un tas de bois,

j’entre dans l’abstraction avec

des lignes et des aplats !

préparation 2ème plaque tas de bois

***

Pour imprimer, j’utilise ma grande presse

typo entièrement manuelle, mais avec

un système de pinces pour le papier,

qui permet de remettre la feuille exactement

au même endroit pour l’impression de

la deuxième couleur, et comme la plaque

de lino est replacée au même endroit,

bloquée par les diverses cales, j’obtiens

un repérage parfait entre les couleurs.

dans la presse

***

J’en suis là, les feuilles sèchent, et demain

je finis la deuxième gravure de la plaque.

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INSOUCIANCE gravure sur bois en deux couleurs

 

Il y a peu, je réalisais une gravure sur bois pour un concours. Il ne fallait pas qu’elle soit publiée avant les résultats. Maintenant, c’est bon : j’ai pas été primé, mais je vous la présente !

C’est une gravure réalisée sur contreplaqué de mauvaise qualité : celui que je préfère quand je veux un fond « texturé ». Je voulais deux couleurs, alors j’ai gravé et découpé à la scie à chantourner à très fine lame.

 

insouciance 2

 

Elle me plaît bien, cette image, elle me rappelle la stupéfaction de ma petite fille outrée de voir les deux gars tranquillement nettoyer leur brouette et leurs truelles dans la Loire ! Mais elle est aussi très graphique : on était légèrement en hauteur, sur la cale d’appontage, et on n’a pas de ciel, juste l’eau qui coule.

J’ai imprimé les gars en noir, l’eau en gris, et le sol en dégradé de noir vers le gris.

Je me demande encore pourquoi j’ai pas été primé !

En réalité, je le sais, mes travailleurs contemporains insouciants, n’ont pas fait le poids devant des oeuvres qui avaient quasiment un siècle d’inspiration classique ! Et même divine pour certaines … Faut pas exagérer quand même, hein ?

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Exposition à La Bernerie

Une lettre, et ça change tout !

Ce n’est plus la Bergerie

Mais une expo au bord de mer !

Avec le collectif

Complicité d’Artistes

affiche bernerie

 

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Les reflets bleus

reflets bleus 2016

 

Les reflets bleus, c’est une plaque de lino gravée pour être imprimée en décalage, donc en deux fois, la première en bleu pâle, la deuxième en bleu plus soutenu, en décalant de 1 mm à droite et 1 mm en bas. De cette façon, on a un liseré bleu pâle sous le bleu foncé.

Comme il y a deux passages, on imprime d’abord le bleu pâle, on laisse sécher en on imprime en bleu foncé, en ayant bien soin de repérer la feuille.

Je me suis trompé, j’ai mis le papier dans le mauvais sens, et le résultat est vraiment bien meilleur que ce que je voulais faire initialement.

Alors aujourd’hui, je perfectionne la méthode, et c’est la plaque que je positionne en la tournant de 180° exactement, pour que les deux impressions se superposent parfaitement. Et je garde le même réglage pour le papier.

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Un contre-jour en linogravure

 

Il faisait chaud, il faisait beau, c’était un autre jour, une autre année, les cyclistes arrêtés se concertaient avant de repartir, le soleil au zénith, les ombres sur les pavés, et eux à contre-jour : je les voyais bien, tellement bien, que je les photographiais plusieurs fois, avec en tête, déjà, la gravure en noir et blanc.

Il m’en a fallu du temps pour me décider : comment faire pour restituer ce que j’avais vu, ressenti, aimé dans cette image … Finalement, j’ai choisi le mélange de deux techniques : la lino positive pour la rue et les ombres, et la lino négative pour les silhouettes sur le fond noir.

J’ai fait les tirages en noir profond sur papier blanc, blanc cassé, papier écru. Cette semaine, je vais jouer avec les couleurs : arriver avec elles à rendre la chaleur sèche de cette journée : de l’orange, du rouge, du noir aussi : à voir !

vélos à contre jour

 

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Nuit d’automne en Brière

 

La nuit s’installe pesamment

Sur la Brière

L’automne prend le jour, et

L’assombrit

Les barques pour touristes

Lourdement

S’endorment dans le bleu noir

Du soir.

Je regarde et pense à la gravure :

Plus tard.

Aujourd’hui, les gouges bien

En main,

Je me remémore ces instants

Paisibles,

Mais aussi inquiétants de la nuit

Bretonne.

L’image naît de suite, sur papier

Et sur lino.

Seule l’eau éclate de lumière

Faible.

Les barques, la terre et le ciel,

Noir-bleu.

Alors je grave les seuls contours

Et l’eau.

J’imprime aussitôt, garder l’ambiance :

Essentiel,

Le papier blanc mat et l’encre bleu-noir

S’opposent.

J’imprime aussi sur toile, pour le grain

Qui texture.

J’ai touché la nuit Brièronne, et son noir,

Et son eau.

les barques de brière

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Trois jours de gravure à l’atelier

 

Voilà, le deuxième stage de l’année s’est achevé, dans le plaisir de la découverte, et de la réalisation. Cette fois, trois générations se sont retrouvées : deux ados un peu imprévus, une mamie artiste ravie, et une femme active très active.

Et ce qui m’émerveille comme souvent, c’est la créativité ensemble, les échanges, l’émulation, quand les âges les compétences et les expériences s’effacent : presque impossible ensuite, de dire qui a fait quoi avec certitude :

Un église, un visage, rouges, un coq, coloré, un lapin enchanté, d’un pays imaginaire …

stage juin 16 images

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De la linogravure en atelier, en extérieur, à l’école, ça déborde !

 

Coucou !

Des nouvelles de La Bergerie, que je déserte de plus en plus : après Saint Mars du Désir et les congés payés, Manifestampe et tout ce qui a suivi, la Bibliothèque et les portes ouvertes, ensuite les enfants des écoles primaires, enfin l’école de ma petite fille qui me voulait depuis des mois, j’étais à Blain au Musée de l’imprimerie pour les journées du petit patrimoine.

Ouf !

Et la gravure dans tout ça ? Eh bien, pas grand chose, des projets, des idées, des dessins quand même. Après une virée dans le Sud (sans la pluie, que c’est bon !) je suis encore dans l’ambiance de la grotte de Pont d’arc et de ses peintures, de ses impressions et de ses gravures. Heureusement il n’y a pas de grottes par ici, sinon, j’aurai bien pu y passer encore des heures !

Alors quelques photos de tout ça :

 

photos juin 16

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