Archives de Catégorie: gravure sur lino

Les Filles du Vent

Après avoir bien gravé, et durement, le chêne de mon phoenix, je repars dans la miniature ! Ici, ils construisent des éoliennes, sur les hauteurs, évidemment. Un bon sujet, surtout que le premier jour, le vent a bien soufflé pour les accueillir. Alors, l’inspiration est venue, forcément. Et dans un grand brassage d’air, elles furent pour moi – dès cet instant – ses filles : » les filles du vent ».

Et dans le même temps, mes petites filles sont folles de balançoire. Elles volent dans l’air, accrochées au ciel. Alors par un étrange effet de mon imagination et du vent qui soufflait sur celles-ci, les éoliennes sont devenues vivantes, leurs pales gigantesques devenant les filles sur leurs petits sièges.

J’ai dessiné, dessiné, croqué, pris des photos, pour finalement tout séparer, comme les bâtisseurs qui assemblent les éléments épars. J’ai gravé trois filles séparément, et les cordes qui symbolisent les pales sont devenues des lignes de texte, et comme c’était trop rigide à mon goût, j’ai fabriqué des guide-lignes courbes !

Sur le lit de la presse, ce fut une autre histoire, les filles sont dans des petits carrés, qu’il a fallu orienter, les guide-lignes courbes devaient suivre le mouvement, et il manquait le mât. Je l’ai gravé léger, il fut le seul à être parallèle aux bords.

filles du vent

Finalement après beaucoup de tâtonnements, ça marche, c’est très loin de ce que j’imaginais au début, mais c’est tout le temps comme ça, mes créations m’échappent, et je laisse faire !

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Linogravure, éoliennes, rêver jeunesse, l’art et la matière, et moi, et moi ?

Beaucoup trop de choses en ce moment à l’atelier, mais c’est souvent (toujours ?) comme ça : quand il ne se passe rien, il ne se passe vraiment rien, mais quand ça bouge, alors là …

Bon, un peu d’ordre dans tout cela. Tout d’abord, les éoliennes, ça ne se passe pas dans l’atelier, mais pas très loin, alors le temps d’y aller, de voir et de revenir, la tête déjà pleine de projets, d’air, de vent, d’Éole … C’est bien, je sais que je vais graver autre chose que du vent !

éoliennes 12mars15

Et ensuite, une expo qui me tombe dessus comme ça : les gravures de mes stagiaires passés, jeunes stagiaires, pour le festival « Polyglotte » : « rêvez jeunesse » Intéressant, ici aussi, j’ai rassemblé presque 6 années de travaux, je ne pensais pas les encadrer et les exposer ! Alors j’ai fait appel à de l’aide extérieure : ma disciple et sa petite soeur. On a bien travaillé, et l’expo fût prête à temps.

expo gravures bibli 2015

Ensuite, encore une expo, prévue celle-ci, à Sucé sur Erdre, avec le collectif « complicité d’artistes » et avec un thème : « l’art et la matière ». Avec Cathy, on a (enfin) réalisé une oeuvre commune : notre chambre, avec un entourage au crochet ! C’est très doux, et bien dans l’esprit de l’art et la matière ! Ensuite, des gravures tirées sur d’autres matières que le papier blanc : contreplaqué, toile d’artiste, carton enduit, papier kraft.

Avec tout ça, penser aussi à l’expo d’Ancenis sur le thème des ponts, cette fois un pont mythique, celui de La Roche Bernard, reliant la Loire-Atlantique à la Bretagne Sud. Je lui ai ajouté un « Ost » mêlé aux mâts des bateaux de plaisance : J’ai repensé à ce rocher déchiré en deux parties d’un seul coup d’épée par un vaillant et preux chevalier.

lrb,stmars,sucé

Et enfin, préparer mine de rien ma prestation « en live » à Saint Mars du Désert, lors de la fête « art démolition ». J’ai dessiné pas mal de phoenix, pour arriver à ceux-ci, peut-être définitifs, peut-être pas encore ! Déjà, j’hésite : recto ou verso ? Regard à droite, regard à gauche ?

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Les travaux sur le pont d’Ancenis : une gravure très humaine !

 

Comme je l’écrivais récemment, la vie à l’atelier reprend doucement son cours . J’avais quelques dessins d’avance ! Alors puisque c’était prêt pour la gravure, j’ai gravé !

Je prépare une exposition majeure pour cet été, sur le thème des ponts. Un Sujet qui me parle bien : le pont relie, fait passer d’une rive à l’autre, et permet la rencontre, facilement. Les villes installées au bord d’un fleuve, à la confluence avec des rivières, collectionnent des ponts, un peu comme si elles ne supportaient plus les cicatrices de l’eau.

Alors, je me suis fixé des objectifs ! Le plus important, avoir suffisamment de gravures, ensuite, avoir des images qui parlent, loin des cartes postales.

Le pont d’Ancenis est en réfection, depuis plusieurs mois, et je le vois ainsi, tenu par des hommes, rigidité du métal d’un côté, humanité des muscles de l’autre.

dessins pont tiré

 

La gravure peut très vite devenir fastidieuse avec l’enchevêtrement des poutrelles, la multitude des câbles, les flots du fleuve : je ramène à l’essentiel, suggère, et simplifie, d’un côté, et accentue, caricature, et déforme même de l’autre.

pont tiré gravé

 

Le résultat après le premier tirage me plaît bien, quelques rectifications, comme l’affinement des câbles, la rectification de certaines lignes, améliorent considérablement l’image.

 

pont tiré papier                                                                                                                                

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Expérimentations en gravure : impression sur bois et sur toile

 

Cette fois-ci, je cherche les ennuis ! J’aimerai imprimer sur du dur : les oeuvres encadrées c’est sympa, mais parfois aussi un peu ringard quand même. Alors, pour un style plus contemporain, ça serait intéressant d’avoir une gravure imprimée directement sur un support dispensé de vitre.

Que faire ? J’ai imprimé sur papier et l’ai marouflé sur bois : mais le papier reste fragile, une tache, une mouche impétueuse, et l’oeuvre est gâchée.

J’ai imprimé sur toile apprêtée, puis l’ai clouée sur un châssis, peu convaincant.

Alors, reste la solution d’imprimer directement sur du dur : bois, contreplaqué, médium. Mais cette fois, en utilisant une presse à pression verticale, et assez robuste pour fournir une pression sur toute la surface. J’ai pris une lino-gravure ancienne avec très peu d’aplats, et voilà le résultat, sur contreplaqué standard :

la grosse presse verte

solidarité tirée sur bois

Alors j’ai essayé le carton entoilé : assez dur lui aussi, avec en plus le grain de la toile, ses creux et ses bosses. À condition d’accepter que le grain de la toile transparaisse, le résultat est intéressant : j’ai poussé l’exercice très loin, en imprimant d’abord un fond d’image bien chargé, et une fois sec, le motif de premier plan au dessus, en repérage visuel, et voilà :

 

 

cormorans sur toile

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Une danseuse, un oiseau et un barman lino-gravés pendant un stage à la Bergerie

 

Je disais récemment :

« Mais comme le temps passe vite ! Un mini-stage à la Bergerie, de la gravure, l’effervescence d’une expo inhabituelle, et déjà préparer l’avenir proche : un nouveau petit stage ».

Eh bien, nous y voilà, le mini stage s’achève, avec Lucas, artiste photographe, qui a l’oeil, et Françoise, organisatrice d’expositions, qui a l’oeil, elle aussi. Alors, on a gravé de concert.

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bartender & stage

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Lucas est parti de ses propres photos, acte difficile que de passer d’une technique qu’il maîtrise parfaitement, à la gravure, qu’il ne domine pas encore !

Et pour Françoise c’est de passer de l’autre côté du miroir, un peu comme Alice !

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impressions stage

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Quant à moi, j’ai joué les modestes, si si ça peut m’arriver ! Et j’ai choisi la gravure en négatif, partant du souvenir de la visite d’une brasserie américaine, quand j’avais photographié le barman dans un contre-jour exceptionnel : une gravure timide, dans laquelle il n’y a que du noir ! Et quelques touches de lumière quand même !

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fin du stage

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Du mouvement pour la lino-gravure de Jean Pierre

 

Le groupement d’artistes et d’artisans d’art que nous avons créé l’an passé investit cette fois-ci un véritable garage automobile en activité, le temps d’un week end, pour exposer nos oeuvres !

complicité d'artistes

C’est grâce à mes amis garagistes des Touches, Sylvie et Pascal, que ce lieu insolite et inattendu nous accueille samedi 8 et dimanche 9 Novembre.

affiche mouvement

 

Il y a un peu d’appréhension : comment allons nous réussir à nous intégrer dans cet espace sans que ni lui ni nous ne perdions notre identité ?

Le thème choisi pour cette exposition est « mouvements » et il va jouer son rôle dans cette rencontre !

Je ne sais si c’est le garage ou New York qui m’inspire, mais moi, j’ai beaucoup joué avec cette belle américaine !

les belles américaines

po061114

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Mini stage de lino-gravure à la Bergerie

 

Un mini stage s’est déroulé à la Bergerie. « Mini », car deux stagiaires se sont désistées au dernier moment. La veille pour l’une !

Bon, on a de la ressource ici : ma petite voisine voulait s’essayer à la gravure, mais à 15 ans, c’est pas évident de se lancer, alors, comme c’est moi qui demandais, ce fût plus facile ! Ma petite Loulou qui traînait dans les parages s’est jointe à nous, et on s’est retrouvés 3 stagiaires et un « maître de stage » pour passer un week end de création assez réussi !

 

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mini stage

 

Curieusement c’est la plus âgée qui dessine la petite fille, la jeune qui s’essaye à la gravure de mode, et Loulou qui bricole des tampons pour Halloween.

Finalement, tout est bien qui finit bien, et chacune repart ravie de sa créa.

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les créa du mini stage

 

 

 

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Deux gravures de Manhattan par jpgraveur

 

Je préparais mon intervention pour Blain, et avais donc l’esprit bien occupé : seulement, voilà, quand c’est comme ça, j’ai une créativité impulsive et irrépressible qui veut impérativement s’exprimer. Qui n’attend pas et qui me force à se plier à elle.

 

Alors, sans que je comprenne vraiment, New York s’est imposé à moi, une avenue, chargée de voitures, et clin d’oeil, avec Cathy à vélo – tranquille.

 

 

cathy à vélo à manhattan

 

 

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Ceci n’était pas suffisant, somme toute, c’était assez facile.

 

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Alors une vue de Manhattan en arrivant par le pont de Brooklyn, un soir à la tombée de la nuit : une photo prise il y a bien quatre ans, en voiture, et que j’ai peiné à retrouver.

Comment rendre une tombée de nuit en gravure ? Comment rendre le dégradé des couleurs, quand le bleu du ciel s’assombrit, que les buildings se détachent à contre jour, que la route reste encore colorée et que les phares des voitures sont allumés ! Voilà qui était bien !

 

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Et c’est là, que tapie dans l’ombre de mon esprit en ébullition, a surgi l’idée générale, puis les ramifications en idées secondaires, une plaque dessinée bien précisément : la « skyline » très nette sur le ciel, ensuite la découpe à la scie à chantourner équipée de la plus fine de mes lames : moins de 1 mm de large. Ensuite l’extraction des vides en ogive du pont de Brooklyn et le collage sur une plaque de médium qui reçoit le ciel : de la haute voltige, où tout a son importance, la découpe, la mise en place, le collage, la mise sous presse : parce qu’il faut que l’autre plaque vienne s’emboîter exactement

 

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Et ça marche, avant même d’encrer, je sais que tout va fonctionner. Parce que pendant toute cette réalisation pratique, l’esprit fonctionne et anticipe : je vais créer des dégradés de couleurs sur les deux plaques, en mélangeant les couleurs sur la table à encrer avec les rouleaux.

 

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le pont de brooklyn by night

 

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Et voilà, j’ai quand même pu faire Blain ! Et m’y investir complètement, l’esprit enfin libéré de cette créativité intempestive !

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Une princesse, la linogravure et le château de Blain

Lors d’un précédent article, je me préparais à mon intervention au Musée de l’imprimerie ancienne de Blain. Pendant trois jours, le musée ouvre ses portes au public, les machines tournent, les imprimeurs s’affairent, et le graveur invité grave.

J’avais bien préparé mon coup ! Ma petite fille Vivi s’était prêtée au jeu d’une séance de poses photos à l’atelier.

Je décidais de proposer une mise en abîme en direct le dimanche, quand ma gravure serait achevée. Une fois les photos réalisées, j’ai construit mon dessin, une petite fille imprime sur une presse à épreuve la gravure du château de Blain.

La gravure du château n’existe pas, c’est une photo tirée sur papier, et, comme disent les enfants, « c’est pour de faux », et Vivi m’a dit : « alors on triche un peu ? » ben oui, mais c’est pour la bonne cause !

photos vivi avant

Une fois le dessin réalisé, je l’ai reporté sur une plaque de lino, et j’ai attendu pour le graver d’être dans les murs du château !

Ce fut dur ! Il est quasi impossible de graver en public, en expliquant ce qu’on fait, alors, samedi soir je me suis enfermé dans l’atelier, tout seul pour avancer un peu, et de même très tôt le matin suivant !

Dimanche tout était prêt, les enfants de l’association attendaient Vivi qui s’est retrouvé être la « Princesse du Château », puisqu’elle allait l’imprimer.

vivi imprime blain

Le début fut un peu tendu, à 7 ans tout juste, c’est impressionnant la foule, surtout quand on est la cible de tous les regards. Mais une fois installée devant la presse, qui ressemble très fort à celle de l’atelier, les appréhensions ont disparu, et nous avons eu droit à :

« Vivi imprime Vivi, qui imprime le château dans le château ».

mise en abîme

J’étais content, les gravures sont belles, Vivi est fière d’avoir fait tout cela pour moi. Une fois encore, la gravure me comble d’aise ! Elle permet les rencontres, les belles rencontres, et le partage.

la robe de vivi

What else ?

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Une linogravure « en live » au musée de l’imprimerie ancienne à Blain

 

Bientôt, je vais travailler pendant un week end au château de Blain, au musée de l’imprimerie ancienne. En effet, l’association qui le gère fête ses 20 ans, les 10, 11 et 12 octobre.

musée blain 2

 

On s’est rencontré il y a quelque temps, et on s’est trouvés complémentaires ! Alors, en route pour cette aventure.

Pour que ça soit intéressant, pour eux comme pour moi, il fallait un projet, une raison, et pas seulement une présence.

musée blain 1

 

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J’ai choisi de faire une performance durant ces trois jours : un peu comme je l’avais déjà fait à Châteaubriant lors de la soirée Pulcéo : réaliser une gravure et l’imprimer. Cette fois je dispose de trois jours, alors je vais graver « du lourd ».

J’ai en tête quelque chose comme : – une allégorie de l’imprimerie, – avec de la gravure, – à Blain. Donc, sur ma linogravure,  il va y avoir une presse d’imprimerie, une gravure,  un château, et une jeune femme : un peu comme les allégories du XIX° siècle !

blain 3

 

                                                                                                                                                                                                                                    ***


J’ai « cogité » et tout a pris forme à l’atelier, le dessin est au point, reproduit sur la plaque, mais, comme j’aime bien les surprises, tout cela ne sera dévoilé que les 10, 11 et 12 Octobre. J’ai même une surprise supplémentaire lors de l’impression en direct, alors rendez vous pour celles et ceux qui le peuvent à Blain, Château de la Groulais, musée de l’imprimerie ancienne les 10, 11 et 12 octobre l’après-midi.

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