Demain, samedi, impression en public de ma fausse-vraie affiche : vivement les congés payés à Saint Mars du … 80 ans, ça se fête !
Demain, samedi, impression en public de ma fausse-vraie affiche : vivement les congés payés à Saint Mars du … 80 ans, ça se fête !
Il y a des fois, comme ça on est archi-débordé, et on n’en a pas encore assez ! Ce qui m’arrive en ce moment, je n’ai pas de temps, alors la création s’installe dans la tête, le coeur, les mains, et rien à faire, il faut y passer.
Alors tant pis pour l’herbe qui pousse trop vite, la haie qui est presque bonne à tailler, le bois qui encombre et qu’il faut couper d’urgence, j’ai un aigle dans la tête, et qui veut sortir !
Donc, dessins, gomme, crayon, papier, vite vite ça vient ! Je veux un aigle resplendissant, bourré de couleurs chaudes, des rouges, oranges, ors, noirs, dans un ciel de soir, bleu, rose, or !
Et ça tourne, retourne, m’emporte, m’arrête, et repart : comment cela va-t-il finir ? C’est-à-dire comment vais-je faire ? Faire, faire, faire ?
Comme souvent la solution bondit hors du lit au petit matin : la scie à chantourner, celle qui a une lame de 1 mm, qui tourne sur elle-même, et qui découpera l’aigle, les plumes, et le bec !
Je perce un trou minuscule, y passe la petite lame de scie, et dans la plus forte concentration, je pars à l’aventure de la découpe, là ou rien ne doit faiblir, lâcher, dérailler. Et ça marche, l’aigle s’extrait de son ciel sans souci.
Tout ça parce que l’aigle aura du blanc sur un ciel bleu-rose-or : et donc je ne peux pas imprimer sur un ciel uniformément coloré. Comme tout va bien, j’ajoute un paysage de montagnes dans le lointain, et un soleil couchant. Je grave l’aigle un petit peu aussi, parce que quand même, c’est de la linogravure !
J’ai en tête les couleurs, et demain, c’est sûr je passe à l’impression !
Stage de pros à la Bergerie : Champagne !
J’ai organisé un stage pour mes « graveurs pros », ceux qui ont déjà travaillé ici ensemble, et on a abordé la technique de la plaque perdue. A ce propos, j’ai fait une « révision » en gravant mon estampe des « canards » en plusieurs couleurs : bleu ciel, gris pâle, gris foncé, et noir sur blanc, pour bien me remettre en tête les difficultés du procédé !
Pendant les stages, on dessine, on grave, on imprime, mais aussi, on parle, beaucoup ! Chacun exprime ses doutes, ses espoirs, ses recherches : Assez souvent, la recherche d’une presse à épreuve !
Et chance, énorme chance, une presse s’est trouvée en vente sur un site internet le soir même : aussitôt vu, aussitôt fait, et l’une des stagiaires se retrouve l’heureuse détentrice d’une jolie presse !
D’où le titre : Champagne !
Et la veille, l’un des « pros » ne pouvant participer au stage est venu nous voir, nos oeuvres et nous, avec une bouteille :
Champagne !
Donc, avis aux prochains pros, les bulles de qualité s’inviteront désormais aux stages de perfectionnement !
Plus sérieusement, car ce fut le cas aussi, voici les oeuvres réalisées avec beaucoup de questionnement : qu’est-ce je garde, qu’est-ce que j’enlève ? Beaucoup de patience, de travail, et de gravures méticuleuses.
Les étapes de la gravure,
technique :
Je reviens brièvement sur la technique de la plaque perdue :
Il s’agit d’imprimer une gravure en quatre couleurs en gardant la même plaque, creusée un peu plus après chaque impression successive !
En haut, à gauche la photo initiale qui a tout déclenché
En haut à droite, la première impression en bleu :
tout le blanc de l’image est ôté, on imprime en bleu.
Deuxième ligne en haut à gauche : on enlève le bleu sur la plaque et on l’imprime en gris pâle (ici sur du blanc, juste pour montrer à quoi ressemble la plaque)
Deuxième ligne en haut à droite : la même impression en gris pâle sur le bleu initial, parfaitement superposé.
Troisième ligne à gauche : sur la plaque on enlève le gris pâle pour imprimer en gris moyen
Troisième ligne à droite : sur la plaque on enlève le gris moyen pour imprimer en noir
Dernière ligne à gauche : les quatre couleurs imprimées sur le blanc. On a successivement sur le papier :
1-bleu, 2-gris pâle, 3-gris moyen et 4-noir.
C’est le quatrième tirage : la gravure est achevée !
Dernière ligne à droite : la photo initiale, pour comparer…
Et voilà, le premier stage de l’année
s’est achevé hier soir dans la frénésie
habituelle des fins de stage, quand chacune
s’aperçoit que c’est maintenant qu’il faut
s’activer, puisque l’impression est la
dernière étape de notre activité.
***
Une fois de plus, les rencontres ont été
l’élément essentiel du stage :
Chacune vient avec ses dessins, ses
espoirs, ses images, et ici on les
transforme, les adapte, les triture
pour en faire des gravures.
Et ce n’est pas toujours facile !
***
Alors, on écoute, on regarde, on utilise,
un peu, beaucoup, passionnément et …
ça marche. Comme c’était Pâques,
– et je l’avais complètement occulté –
la petite Lou a dessiné et gravé des
lapins bleus – elle a chanté aussi !
Nad s’est contenté tout d’abord d’une
jolie girafe au cou tordu, et ensuite,
de beaux toucans très colorés,
quant à Chris, elle a joué au soleil,
à la lune, et au grand cerf, et moi-même,
pris dans cette ménagerie impromptue,
j’ai commencé à graver une grande
libellule pour ma prochaine affiche.
***
Il reste quelques places pour le stage de gravure de mars :
Les 25, 26 et 27mars 2016, à partir de 9 heures à l’atelier de La Bergerie, route de Trans sur Erdre, 44 Les Touches.
Si vous venez en train, allez jusqu’à la gare de Nort sur Erdre, je passe vous prendre ! En plus, vous pouvez être hébergée en chambre d’hôtes à proximité immédiate de l’atelier. N’hésitez donc pas, linograveuse et linograveur passionnés !
L’atelier a pour objet l’utilisation pratique de la lino-gravure en vue de réaliser une estampe par le stagiaire à la fin du stage.
Le premier jour est consacré à la découverte de la technique, au passage du très « simple» dessin ou de la photo à un projet de gravure : ici, c’est une carte d’artiste personnelle qui est proposée à chaque participant. On dessine, on grave et on imprime dans la journée !
Le deuxième jour, permet d’aborder un format plus important : on grave une plaque d’environ 16/21 cm pour l’imprimer en 24/30. Tous les aspects de la gravure sont ainsi abordés : le travail à la gouge en V, à la gouge en U, le détourage au canif …
Le troisième jour, c’est la découverte du papier, de l’encre, de la presse : la gravure devient image, chacun encre et imprime sa gravure sur presse professionnelle et aussi avec des moyens « amateurs », au rouleau, à la main, au baren.
Le stage coûte 180,00 Euros net pour 18 heures de gravure – impression.
J’ai accueilli pendant les vacances
deux enfants : la fille cadette d’amis
et la petite cadette de mon fils aîné !
Elles ont bien travaillé et joué avec
ce lino très tendre qui ressemble à
de la gomme : l’une est partie dans
une petite carte d’artiste inspirée
des Beatles, ses musiciens préférés,
l’autre s’est lancée dans l’abstraction
avec des arabesques – spirales !
On a utilisé des encres à l’eau,
ce lino très tendre : pas d’égratignures,
pas de taches sur les vêtements,
et de belles estampes !
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Pendant ce temps, j’ai gravé un petit
bateau dans une chute de vrai lino
et l’ai imprimé en même temps
qu’elles, allant à encrer le sommet
du phare avec un coton-tige !
J’étais aussi fier qu’elles deux !
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Aujourd’hui, j’ai repris des plaques
déjà gravées, pour faire des essais
en deux couleurs : soit directement
dans la presse : avec les reflets de
l’eau sous l’estacade, ou en sortie
de presse pour les feuilles de
l’arbre des bords de Loire.
Et comme c’était de l’expérimentation
j’ai aussi imprimé sur carton entoilé
pour voir !
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Après les papillons et les berces,
je reste dans la nature :
les bords de Loire
et le lac de Vioreau.
Le calme de l’eau et les
lignes horizontales
bercent doucement le spectateur.
Le dessin vient très vite,
et le détail s’efface
devant l’essentiel.
Enfin, ce que moi
je trouve accessoire
et important !
C’est dans la gravure
une étape formidable :
choisir entre présent ou pas,
le blanc ou le noir, l’ombre dure
ou la lumière éclatante.
La barque des bords de Loire
est vide, le paysage bien présent,
la barque de Vioreau est habitée,
le paysage à peine suggéré
par les grandes lignes de l’eau.
Je présente quelques gravures
à l’artothèque de Chateaubriant
du 12 au 28 février 2016.
Vous pourrez ainsi voir,
emprunter ou acheter :
« les reflets bleus »
« le phénix du pont »
« la Loire sortie de son lit »
et « coucher de soleil sur Manhattan »
ainsi que les oeuvres des collègues !
D’une humeur très poétique, je vous ai
présenté dans un précédent article mon
travail sur les ombelles, ou les berces,
puisque c’est sous ce deuxième nom
qu’elles sont parfois connues.
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Je reviens aujourd’hui sur ce travail,
puisque je transforme la gravure initiale.
Dès la conception, j’avais retenu l’idée
de placer des figures dans les espaces
entre les tiges : j’ai ouvert des « fenêtres »
dans ma plaque de lino. Ainsi je place
ce que je désire dans les ouvertures !
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Ce que je fais ici : j’ai gravé « à part »
trois petits papillons virevoltants, qui
peuvent s’insérer dans les fenêtres.
Je viens de les finir, alors, j’imprime les
trois sur une feuille d’essai, les découpe,
et les place sur une estampe « vide »
pour « voir » l’effet que ça donnera.
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Ce soir je préfère autant l’estampe avec
un seul papillon ! Et la couleur sera
différente, je vois bien un beau bleu ciel.
Mais je vais laisser tout cela reposer :
la gravure des « vraiment » petits papillons
a été méticuleuse, j’ai même gravé
au compte-fil pour les détails !
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