À l’entrée de l’atelier
un vieux vélo rouillé
accueille le visiteur !
D’innombrables fois,
il a été photographié,
regardé, observé, mais
jamais encore gravé !
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C’est enfin fait, je l’ai
imaginé sous un soleil
brûlant, l’atelier et ses
pierres disparaissant
dans l’ombre, lui dans
la lumière du midi.
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Dimanche 18 Septembre : Journée du patrimoine, je serai à Blain, au Musée de l’imprimerie, de 10 à 12 et de 14 à 18 heures.
Je participerai à l’animation, avec les collègues imprimeurs et graveurs.
À cette occasion, j’imprimerai en exclusivité « la lino du lino » la gravure sur laquelle je travaille quasiment en secret depuis quelque temps !
Les visiteurs pourront l’acquérir s’ils le désirent.
Les machines fonctionneront : massicot, presses à épreuves, presses de graveurs, pédalette, presse coup de poing, linotype, presse à cylindre, et les animateurs plus bavards les uns que les autres sauront vous tenir en haleine.
En illustration de cet article : une gravure réalisée pour le musée, lors de l’anniversaire en octobre 2014 : « l’impression au Château«
INFIDÉLITÉ À LA LINO !
Aujourd’hui jpgraveur couche
de la typo
dans le lit de sa presse !
Ouille !
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Je réalise un abécédaire
avec mes caractères en plomb.
Et comme les grand mères
d’autrefois, au point de croix,
je joue avec les couleurs :
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Aujourd’hui, impatient de voir,
je fais rapidement des mélanges
et je teste vite :
Le résultat me plaît assez, mais
« Peut mieux faire ! »
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Demain j’essaye en encrant
chaque caractère individuellement
dur dur, je n’ai pas assez
de petits rouleaux encreur
la nuit porte conseil
on verra !
Il y a six ans – déjà ! – je gravais « interdit de dire des gros mots » dans la typo enfantine de ma petite fille Loulou. Typo en surimpression sur la devise de la République. Je voulais jouer sur le double sens de « gros mots ».
Aujourd’hui, je n’ai presque plus d’exemplaires de cette impression, j’en ai vendu, j’en ai donné, je n’en avais pas imprimé beaucoup non plus. Alors, je reprend le comptage des gravures, et m’aperçois que j’ai encore pas mal de marge, donc, retirage !
Cette fois, je change la typo, pour un style plus élégant, avec des empattements filiformes, en plomb. Il faut recaler, et c’est plus précis, l’autre typo était en bois, de corps 72, la nouvelle est en corps bizarre de 54. Pour m’y retrouver, je décalque la typo enfantine et place le calque dans la presse, pour faire l’imposition du texte en transparence.
Je cherche à recouvrir en partie le texte « liberté, égalité, fraternité, solidarité » par les gros mots, tout en restant « un peu » lisible.
Lors de mes deux articles précédents,
je vous faisais part de mes cheminements :
Un projet, mené à son terme, se charge
de changements, de réflexions, c’est le jeu
de la création, garder l’oeil bien ouvert
ainsi que l’esprit, et savoir penser à l’envers.
Et voilà, le résultat, j’ai ombré les creux
entre les rondins, et ça me plaît mieux !
J’étais resté dans mon précédent article
sur la première couleur de mon tas de bois.
J’ai donc repris la plaque et enlevé
tout ce qui était ivoire, de façon
à imprimer en brun clair tout
ce qui était écorces et ombres.
L’impression passe très bien, le
repérage est excellent, mais…
mais … mais … mais …
les couleurs sont trop « tendres »
et je ne trouve pas ce que je cherchais !
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Alors, je vais tenter une troisième couleur :
comme les écorces et les ombres
sont exprimées par le brun clair,
je vais garder les ombres sur la plaque,
et les encrer en brun très foncé.
Je fais un test sur un brouillon,
et ça me semble bon : de plus comme
il s’agit de la technique de la plaque perdue,
rien n’est perdu, elle finira encore
plus dépouillée qu’elle ne l’est !
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Demain ou après demain, gravure :
je ne garderai que les ombres entre les rondins
pour les imprimer en repérage.
Ma plaque devient de plus en plus abstraite …
Pourvu que je ne verse pas dans le
conceptuel, et autres domaines
pour le moins inquiétants,
puisque je présente
un tas !
Les tas de bois, bien rangés ou en désordre
m’ont souvent fasciné par l’aspect
très graphique des cercles,
des formes étranges de certaines bûches,
et encore plus par les vides
très sombres entre elles.
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Je voulais donc graver,
mais le « noir-et -blanc » ne
me convenait pas vraiment.
Le bois partout présent ici,
dans l’atelier, la maison, dehors,
a une couleur chaude.
J’ai dessiné rapidement
le début de mon projet :
le bois assez clair
les ombres bien foncées.
***
C’était sûr, il fallait deux couleurs :
ou deux plaques, ou la technique
de la plaque perdue : j’ai choisi celle-ci.
Un peu d’éphémère ne nuit pas à la création.
J’ai observé, repris des photos,
me suis attardé devant les
tas de bois bien empilés,
et j’ai dessiné sur la plaque.
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J’ai préparé une teinte
ivoire-orangée pour le fond :
Comme les ombres et les écorces
seraient brunes, il fallait avoir du brun
dans l’ivoire : donc beaucoup de blanc,
du brun et une touche de jaune.
J’ai comparé avec une grosse rondelle
de saule fraîchement coupée,
c’était bon !
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J’ai gravé la plaque de lino :
enlevant juste les blancs.
Puis l’ai encrée en ivoire et
j’ai imprimée 20 exemplaires
sur un papier blanc-écru de 170g.
Ensuite, j’ai repris la plaque,
et dessiné les parties à conserver :
les plus foncées, et gravé ce qui
allait être ivoire sur l’estampe.
C’est assez complexe, je veux
du brun pour les fissures, l’écorce
et les ombres entre les bois :
Alors que je figure un tas de bois,
j’entre dans l’abstraction avec
des lignes et des aplats !
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Pour imprimer, j’utilise ma grande presse
typo entièrement manuelle, mais avec
un système de pinces pour le papier,
qui permet de remettre la feuille exactement
au même endroit pour l’impression de
la deuxième couleur, et comme la plaque
de lino est replacée au même endroit,
bloquée par les diverses cales, j’obtiens
un repérage parfait entre les couleurs.
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J’en suis là, les feuilles sèchent, et demain
je finis la deuxième gravure de la plaque.
Les reflets bleus, c’est une plaque de lino gravée pour être imprimée en décalage, donc en deux fois, la première en bleu pâle, la deuxième en bleu plus soutenu, en décalant de 1 mm à droite et 1 mm en bas. De cette façon, on a un liseré bleu pâle sous le bleu foncé.
Comme il y a deux passages, on imprime d’abord le bleu pâle, on laisse sécher en on imprime en bleu foncé, en ayant bien soin de repérer la feuille.
Je me suis trompé, j’ai mis le papier dans le mauvais sens, et le résultat est vraiment bien meilleur que ce que je voulais faire initialement.
Alors aujourd’hui, je perfectionne la méthode, et c’est la plaque que je positionne en la tournant de 180° exactement, pour que les deux impressions se superposent parfaitement. Et je garde le même réglage pour le papier.