Le bois, ses machines et leur maître !A fond dans cette nouvelle gravure, j’évolue en même temps que je dessine, réfléchis, et laisse du temps passer.
Et voilà où j’en suis aujourd’hui : après avoir décidé de mettre des demi teintes, donc, travailler à plaque perdue, je me suis dit que je pouvais aussi faire de la découpe : et ainsi, mettre des couleurs !
J’ai donc maintenant 6 plaques, 4 qui s’imbriquent, et deux qui s’ajoutent. Je mêle la technique « Picasso » de la plaque perdue, la technique « Munch » du puzzle et la technique « une plaque par couleur » la plus classique.
Et pour couronner le tout, j’ajoute une calligraphie : la dédicace du photographe de l’époque au « maître »
Dans un précédent article je présentais mon prochain projet « le bois, ses machines et leur maître ». J’avais prévu une image gravée sur contreplaqué. J’ai complètement changé d’avis ! Je vais graver le maître et ses machines sur du lino, et l’arbre sur du bois.
L’idée générale c’est d’avoir un arbre moins présent, gravé sur une autre planche, et d’être libre de l’encrer comme je le désire. Pour corser le tout, j’ai choisi de découper la silhouette de l’arbre dans une feuille de contreplaqué classique, je l’ai donc dessiné sur un calque posé sur le dessin du lino, de façon à ce que les branches recouvrent sans le cacher le « maître » des lieux.
Ensuite, j ‘ai déménagé la scie à chantourner près du poêle à bois, pour un certain confort par ces temps assez froids. Tout fonctionne bien, rien n’est cassé, et la silhouette s’insère bien dans la menuiserie sans trop cacher les bois et le personnage.
J’ai donc collé l’arbre découpé sur un morceau de bois aggloméré pour arriver à la hauteur typographique. Demain je commence à graver le lino, j’ai quelques heures de travail devant moi !
Toujours les livres ? Eh bien oui, avec une lectrice passionnée, qui les range dans une de ses nombreuses étagères …
C’est une linogravure avec très peu d’a-plats et beaucoup de traits : donc pas mal de boulot, et de la précision.
J’ai passé un temps considérable à habiller la jeune femme, ne la voulant pas entièrement nue, mais assez suggestive !
Un de ces jours, il faudra que je fasse une expo de ces oeuvres consacrées aux livres et à la lecture dans une bibliothèque ou une médiathèque ! Je vous présente la plaque achevée, et un des premiers tirages sur papier blanc 300g
Récemment je parlais d’un retour à la lino. J’avais oublié (!) de vous relater une immersion dans la gravure sur bois ! Type de gravure par lequel j’étais venu à la linogravure. Je voulais graver un nu, mais sans la douceur apportée par le lino. Alors, sans hésitation, j’ai choisi le bois le plus vil, le moins apprécié, le sapin, avec ses fibres, ses noeuds et sa fragilité … Et j’ai obtenu ce que je cherchais, une gravure un peu rude, d’aspect rugueux, assez inadaptée à un nu. Mais voilà, quand j’ai une idée de gravure qui me titille les neurones, je fonce ! Et ensuite, pour l’impression, j’ai pris un kraft très épais, et une encre sépia foncée : voilà le résultat !
Effervescence à l’atelier : il faut préparer, et bien préparer l’expo qui démarre vendredi et se continue tout le week end .
Alors, derniers encadrements, premiers accrochages, peut-être pas définitifs, et surtout rangement, déplacement de choses, de machines, et d’outils.
Parce que dès samedi, deux consoeurs me rejoignent à l’atelier : Marthe Rougieux enluminure, et Celine Prud’homme travail du cuir. Et à trois, il faut de la place. Mais ce sera prêt, c’est sûr !
Et pour éviter l’ennui (!) j’accueille un jeune stagiaire de 3ème, qui vient en observation : il participe à l’agitation, et … n’en pense certainement pas moins !
Comme on était bien partis pour un confinement long, je me préparais à graver une longue linogravure : 5 personnages équipés de pelles, râteau, balai, au milieu de près de 160 livres.Avec dans le ciel d’autres livres qui s’envolent. Voici le premier dessin et le report sur la plaque lino de 480/140 mm
J’ai fini de graver la première version de la plaque : je vais pratiquer la technique de la plaque perdue. Je commence par enlever tous les « blancs » et ensuite j’imprime avec la couleur la plus claire. Ici ce sera le gris, et ensuite le noir. Comme je vais utiliser des papiers de différents aspects : blanc pur, ivoire, crème, écru, je vais utiliser le « blanc » du papier pour faire le gris : tout d’abord j’imprime en noir sur un papier brouillon : vieux journaux, papier de rebut, peu importe. Et, sans ré-encrer, j’imprime encore sur papier brouillon jusqu’à ce que le reste d’encre donne un beau gris, et là j’imprime sur le vrai papier.
J’en suis à cette phase : j’ai un peu plus d’une dizaine de feuilles imprimées en gris. Maintenant je vais graver le gris : c’est-à-dire que je vais enlever tous les gris de l’image pour imprimer en noir ! Bon, tout ça c’est de la technique, pour ne pas dire que « coup de balai sur les livres », purée ! qu’est-ce que ça me parle ! Surtout en ce moment !
Et voilà, c’est fait : les tirages en deux couleurs, un gris variable et un noir profond. Les livres et la balayeurs sont à vous maintenant, qui les regardez. C’est vous qui inventerez, découvrirez, créerez une histoire autour d’eux : quand l’image est faite, elle appartient à celui qui la regarde – bon, aussi et d’une autre manière à celui qui l’achète !
C’est vrai qu’on est bien dans son atelier, à imaginer, dessiner, graver.. Mais c’est long quand même, quand on ne voit personne ! Alors, après m’être gonflé à bloc, rechargé en optimisme à 10000 volts, croyant dur comme plomb que ça ira mieux demain, je me suis lancé dans la réalisation d’une petite affiche pour une improbable, mais probable peut-être, ouverture de l’atelier au public avant Noël. Et ça fait du bien : voilà un projet avec une date certaine, alors en avant !
Pour la réalisation pratique, j’utilise une typo « égyptienne italique » que je me suis offerte l’an dernier pour Noël justement !Et pour agrémenter le texte, j’ai réalisé en lino un énorme « A » . Comme il manquait un « r » j’en ai gravé un aussi. J’y ai passé la journée, entre choix des autres polices, des petites gravures, et réalisation de cales de blocage en pente ! Mais quel pied, bonheur, plaisir …