Archives de Catégorie: Gravure

Une oeuvre commune avec les enfants de NDDL


Avec les enfants de Notre Dame des Landes,

on a un projet d’oeuvre commune :

je grave les animaux et les personnages

qu’ils ont dessiné,

et on les installe dans une forêt que je réalise.

Je commence par graver leurs petits tampons

en matière souple, et ensuite

un arbre en lino pour réaliser une forêt.

Pour la forêt j’imprime

sur une douzaine de feuilles

cinq à six arbres en les décalant,

sur ma grande presse.

Les enfants disposent leurs

petits personnages dans la forêt,

et voici un premier jet de notre oeuvre commune

Les « grands » constituent quant à eux

des forêts un peu plus amusantes,

avec des animaux dans les arbres,

ou carrément dans le ciel.

oeuvre commune nddl

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Mes enfants s’essayent à la linogravure !

Matt, Cha, et les petites à l’atelier

Depuis longtemps, mes enfants voulaient s’essayer à la lino. Ce week end, c’est chose faite : la tête pleine de projets – même si les dessins ont été oubliés à la maison – on commence à dessiner et bientôt à graver. Matt veut faire de la monnaie, depuis qu’il sait que ma « tip top » était utilisée vers 1900 par la banque nationale d’Italie : ça l’amuse ! Alors il dessine et fabrique des « coins » en deux couleurs, et en typo ! Pour un début, il frappe fort, mais ça fonctionne !

matthieu, charlotte et la lino 1

Cha quant à elle part dans un dessin, et donc une gravure, très fouillée d’aigrettes de pissenlit. Elle est méticuleuse, et le résultat est à la hauteur de l’énergie qu’elle met à graver !

L’atelier s’anime avec les petites, qui ne veulent pas être en reste : Titi fabrique des tampons avec une nouvelle matière très souple et facile à graver : un poisson, et « love » !

Sa soeur Vivi reprend sa sirène et l’imprime en « argenté ».

matthieu charlotte et la lino 2

Je n’ai pas vu le temps passer, ils sont fiers de leur maîtrise de la technique, et du résultat. Je suis heureux de partager avec eux une partie de ma passion et de mon métier, et de réaliser, en les écoutant, que la gravure peut encore, à l’heure de l’informatisation à tout va, les passionner vraiment !

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Une linogravure pour la Saint Jacques

Le geai de la Saint Jacques

Comme chaque année maintenant, je me prépare pour l’affiche de notre foire locale : la Saint Jacques. Cette année, nous avons décidé de la placer sous le « patronage » de Jean Jacques Audubon, dont la maman est née ici, aux Touches, au XVIII° siècle.

J’ai donc recherché dans les oiseaux peints, dessinés, et gravés de JJ Audubon, celui pas trop éloigné de notre faune locale, et qui pourrait illustrer notre affiche.

Mon choix s’est porté sur un geai bleu : assez courant, et assez graphique, pour être traité en linogravure. J’ai tout d’abord essayé sur une chute de lino de graver les ailes, et le plumage.

un geai bleu pour la saint jacques

Un premier jet de la future affiche a été validé par les organisateurs, et l’affiche va pouvoir « mûrir » quelques semaines avant sa réalisation définitive prévue pour la fin mars.

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La méthode de la plaque perdue en linogravure : pensive en deux couleurs

La linogravure à plaque perdue :

pensive en deux couleurs

Il y a quelque temps, j’hésitais à « détruire » ma plaque de lino, dans une méthode irréversible qui consiste à imprimer successivement plusieurs couleurs en partant d’une matrice commune à chacune, et qui est re-gravée à chaque étape.

Comme je l’indiquais, j’ai une petite fraiseuse qui permet de réduire mes gravures : et j’ai eu l’idée de faire DEUX réductions, j’en garde une telle quelle, et je réduis l’autre : la méthode est identique, mais le côté irréversible disparaît !

Ce faisant, j’ai mis les réductions de côté, et j’ai « détruit » la plaque de « pensive » pour la deuxième couleur :

pensive en deux couleurs

Tout fonctionne parfaitement, et ma gravure gagne en expressivité, la première couleur était quand même bien fade !

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La Linogravure à Notre Dame des Landes

La linogravure à Notre Dame des Landes

Il y a quelque temps, les institutrices des petits de l’école de Notre Dame des Landes m’ont sollicité pour une intervention à l’école. Elles avaient un projet pédagogique intéressant, et me donnaient l’occasion de le mêler avec un projet graphique personnel dans lequel j’avais envie d’insérer des créations d’enfants.

 Elles sont venues à l’atelier un mercredi matin, pour voir ce que l’artiste avait en tête et lui présenter ce que de leur côté elles désiraient. On a décidé de travailler sur le thème des animaux en général, des animaux de l’Afrique, et du végétal.

 Les enfants ont dessiné à ma demande des projets de tampons que je réaliserai en atelier, de mon côté j’ai préparé mon rhinocéros et lui ai ajouté le nom de l’école. Les enfants allaient ainsi pouvoir imprimer chacun une image de rhinocéros, et ensuite faire la typo de leur prénom avec une casse de caractères professionnels, mais en plastique.

 NDL 1

La magie de ma petite presse a encore fonctionné : les tous petits se sont applaudi à chaque impression ! On a eu la chance de vivre un moment paisible, loin de l’agitation du monde des adultes.

 NDL 2

À ce jour, on a effectué la première phase de notre projet : les enfants ont dessiné, imprimé, typographié. Il nous reste à réaliser l’oeuvre commune : je vais choisir parmi leurs dessins une douzaine d’animaux, et les graver en petit format à l’atelier, et en ce qui concerne ma création, préparer des linos pour réaliser un paysage en format raisin dans lequel ils imprimeront leurs créations, lors de ma prochaine venue à l’école.

***

Pour un artiste, l’immersion dans un public d’enfants très jeunes, naturels, expressifs, est l’occasion d’ouvrir grand ses oreilles, ses yeux et son esprit à leurs expressions.

L’un d’eux :

« Comment tu fais le rhinocéros ? »

« Je le dessine »

«  Non, pas ça, le lino, là »

« Eh bien, je dessine dessus, et je grave »

« C’est pas ça, comment tu sais que ce sera un rhinocéros ?»

Et là je suis sans voix, je sens que nos mondes sont bien éloignés, ils sont encore dans une sorte de magie, et à ce moment, je vis une histoire, un conte, une féerie, moi aussi.

 ***

L’une d’elles se poste devant la casse grande ouverte, et immobile regarde sans bouger durant presque une minute, puis prend les caractères qui traînent en tas et les remet à leur place sans se tromper, elle a cinq ans …

 NDL 3

Rentré à la maison, je découvre les dessins, certains sont basiques, informes, mais d’autres révèlent une réelle sensibilité, un imaginaire encore vierge de tout apprentissage.

Je me souviens de mon directeur d’école supérieure qui, un jour d’évaluation, me demande faussement surpris :

« Donc Jean Pierre, si je comprend bien, ils sont moins créatifs après quelques années à l’école que lors de leur entrée ici ? »

« Ben oui … »

 C’est peut-être ça l’art, voir les choses vraiment autrement, et si oui, alors, les artistes, les enfants, les fous et les génies sont très fréquentables !

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PENSIVE en linogravure

Pensive…

Je continue ma gravure de « pensive » : il me plaît bien, ce visage incliné, pensif et séducteur à la fois ! Je termine la première partie de la gravure, et l’imprime en gris, en plusieurs nuances (!).

 PENSIVE 1

Ensuite, il faudrait reprendre la plaque et la graver à nouveau, pour enlever toutes les zones qui vont rester grises,et ne garder que celles qui seront noires. Mais voilà, cette fois, je n’y arrive pas ! Pas envie d’abîmer la plaque !

 PENSIVE 2

Pourtant, il manque quelque chose sur mes impressions… Une nuit, puis deux, et la solution arrive toute seule sans prévenir : réduire la plaque, et imprimer des mini-pensives, puisque je suis aussi dans ce projet. Illico presto, et voici la plaque gravée, retouchée, fignolée, et j’imprime cette fois en encre dorée, prévoyant ici aussi un deuxième passage de gravure sur la plaque.

Vous me direz ça va recommencer pour les mini alors ?

Tout cela sèche, et j’abandonne ce projet pour un autre dont je vous parle de suite, repoussant à plus tard le massacre de mes plaques !

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des tampons au lycée, des linogravures miniatures et un visage en plaque perdue

 

Un début d’année assez calme :

je prépare de nouvelles gravures,

et surtout deux expositions avec sélection,

donc montage de dossier,

choix des gravures, prises de vues,

rédaction : ça fait aussi partie de la vie d’artiste,

même si la créativité y souffre un peu

face à la sécheresse (involontaire je pense)

de certains questionnaires !

*

Pour me changer les idées,

une petite incursion en milieu scolaire,

pour présenter la gravure à des lycéens et lycéennes.

Ils ont gravé de petits tampons pour s’imprégner de la technique.

*

lycée

*

De mon côté, je continue ma petite série de miniatures :

j’ai re-gravé ma chambre à la perspective surréaliste :

aïe les yeux, je pars vraiment dans le tout petit.

*

mini chambre

*

Alors pour changer, et travailler sur du plus grand,

je grave un visage de ma belle, pensive.

J’ai dessiné d’après une photo en noir et blanc,

et du coup, j’ai eu envie de graver en deux couleurs :

noir, gris, et blanc du papier,

en utilisant la technique de la plaque perdue :

donc on commence par graver la plaque

avec TOUTES les couleurs, ici, ça va, il y en a deux !

*

cathy songeuse

*

Voici les débuts.

 

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REFLEXIONS SUR LA LINOGRAVURE – 2

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La Gravure et « die Brücke »

Aujourd’hui, du sérieux, des références,

dans ce blog parfois trop exubérant,

on va écouter, lire plutôt Ernst Kirchner :

« Ce qui amène l’artiste au travail graphique

est peut-être le désir de fixer définitivement

la forme libre du dessin.

Par ailleurs, les manipulations techniques

libèrent en l’artiste des forces

qui ne se relèvent pas dans l’action

beaucoup plus facile de dessiner ou de peindre.

Le procédé mécanique de la gravure

unifie les différentes phases du travail.

Le travail de conception peut être à loisir

étalé dans le temps, sans courir de risques.

Il y a beaucoup de charme

à reprendre inlassablement

le travail pendant des semaines

ou des mois pour obtenir l’ultime expression,

ou perfection de la forme,

sans que la plaque perde rien de sa fraîcheur.

L’attrait mystérieux qui entoura

l’invention de la presse au Moyen Age

peut être ressenti, aujourd’hui encore,

par tous ceux qui s’intéressent sérieusement,

et jusque dans les détails de ce métier,

aux arts graphiques. »

(in Die Brücke 1905 – 1914, ed. Somogy)

Et en illustration, un extrait de

« Deux femmes assises » de Erich Heckel

 

deux femmes assises

 

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Linogravures en décembre

Décembre : on fait des expos,

on essaye de présenter de nouvelles choses,

et c’est aussi l’époque où la créativité se fait reine,

parce que comme d’habitude – pour moi –

c’est quand le temps me manque,

que la création se fait pressante !

Alors, mon « C’est pas juste! » s’enrichit (!)

de fonds parlants :

une partition déchirée de wall street

(ça ne s’invente pas!)

ou les cours de la bourse,

l’évolution du CAC40 et du SMIC

c'est pas juste !

Ça me plaît bien,

quant à savoir si c’est vendeur,

je n’y crois pas trop quand même !

***

Pour adoucir tout ça,

j’ai imprimé un poème sur la lecture

avec une petite gravure de lectrice attentive

Ensuite, pour revenir à de la créa moins …

piquante,

j’ai choisi la technique de la plaque perdue

pour une gravure en deux couleurs,

avec utilisation très abusive

de la perceuse à colonne

pour créer une ambiance fantasmagorique

avec des points blancs de rêve ou de neige.

La première couleurs est le papier blanc,

la deuxième un gris d’hiver,

et la dernière un noir un peu chaud

pour les acteurs :

un cheval une charrette et deux personnages.

attelage en plaque perdue

Le résultat me va,

mais mon gris ne veut pas sécher,

alors la présentation…

ce sera pour l’an prochain !

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