Archives de Catégorie: linogravure

la conjugaison du linograveur

Les drapeaux séchent lentement :

pendant le week end,

l’artiste

se repose !

 

 

Les images des drapeaux

appellent des slogans,

des cris, des revendications…

oui, mais lesquelles ?

 

 

Mes petites filles découvrent

les auxiliaires

ÊTRE et AVOIR

quel programme !

L’enseignement porterait-il

en lui les germes d’une politisation ?

La culture des jeunes esprits les porterait-elle

à la réflexion ? Toujours est-il que l’une a entremêlé

l’être et l’avoir pour mon plus grand bonheur,

et mes manifestants s’en sont

emparés :

 


j’ai changé le nom de l’oeuvre

pour celui de

« la conjugaison »

***

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Tip-top, la vague et Méditerranée enfin !

J’aime assez souvent faire deux choses à la fois :

l’esprit voyage de l’une à l’autre,

et si elles sont assez éloignées,

elles n’empiètent pas l’une sur l’autre :

c’est ce que j’ai fait aujourd’hui :

j’ai gravé tiptop :



 

le dessin


 

la gravure

 

 

l’impression, et


 

le résultat.

***

Pendant ce temps, ma vague avançait

et reculait comme il se doit,

pour se retrouver exactement comme

elle était lors du premier jet :


 

je préfère son aspect délié

qui fait bien ressentir son mouvement

ici, j’ai eu de la chance, j’ai enlevé du noir

donc de la matière, l’inverse était impossible !

J’ai aussi imprimé une variante

avec Méditerranée :

 

 

En attendant de graver le mot

que j’ai fait écrire joliment

par une institutrice de mes amies.


***

Et comme il me restait un peu de temps

j’ai nettoyé le vieux réhostat

de ma platine

qui

viendra

sous peu meubler

le mur trop blanc de l’atelier.


 

***



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Graver et multiplier !

Graver c’est déjà penser à l’impression, donc au multiple, à la série.

Quand j’étais artisan d’art, la série était nécessaire,

je retrouve parfois cet apaisement que donne le tirage

en série, certes limitée, de l’oeuvre imprimée.

***

Lors des prochaines portes ouvertes,

j’ai décidé d’offrir aux visiteurs

une affichette de l’atelier :

 

Ma nouvelle presse est l’outil idéal,

l’occasion de tester

ses capacités

et la qualité

de l’impression :


 

Je suis agréablement surpris,

l’encrage est très correct

et si parfois la machine

mange une affichette :

c’est qu’il y a trop d’encre !

En fin de journée,

séchage dans l’atelier :

***

Le lendemain, série oblige,

je reste dans le même « trip »

et en avant pour mes enveloppes !

 

Après cet intermède quelque peu productiviste !

place aux oeuvres plus sérieuses …

Mes drapeaux quasi abstraits attendaient une vague

j’ai pris des repères, imprimé sur calque, mesuré,

et ce fut dur, mais :

 

après une longue attente,

ils allaient enfin

retrouver

leurs

hampes :

Entre les

deux couleurs,

le raccord est parfait.

Je vais encore changer quelques détails :

la petite vague, certains déliés, et ajouter un texte :

Comme la gestation de cette gravure s’étale sur près de deux mois,

elle subit forcément les aléas du présent : naissant à l’ombre

des manifs françaises, elle s’épanouit à l’aune des manifs des pays

du Maghreb, et  je penche pour un titre tel que :

« Méditerranée »

***
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Stage de gravure sur linoléum : thème du grenier

Ce samedi, après la venue de tip top,

sa mise en route et ses réglages,

le travail sur mon affichette

et sur la manif,

place au

stage :


 

Le thème retenu est celui du grenier

 


chacun le traite à sa manière :

 

 

l’objectif est d’imprimer les oeuvres

avant ce soir !



Alors, les mains s’activent, on dessine et on grave :

 

 

puis on imprime :


 

on attend le résultat

 

 

certaines oeuvres sont très graphiques,

 

 

d’autres très figuratives, c’est l’intérêt d’un stage,

on apprend ensemble, on découvre ensemble,

on évalue, compare, estime sa progression,

après avoir touché l’encre et les papiers,

et gravé avec les diverses gouges.

***

Le prochain thème sera la carte d’artiste

en édition originale, dans le format

natif des anglo-saxons : 3,5″X2,5″


***

 


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Interférences entre linogravure et typographie

Ma nouvelle presse à platine

Tip top la « platen press »

me prend énormément de temps,

je suis graveur, pas encore typographe

et pas spécialiste en presses d’imprimeur !

Alors je me rue sur la littérature, internet et les livres

et je dévore de l’info, des schémas, des techniques et des cours.


 

J’ai décelé un problème sur l’encrage, les rouleaux ne portaient pas

correctement sur la table d’encrage d’un coté, alors j’ai démonté

et découvert la belle mécanique de la fin XIX°, quand on ne calculait

pas trop précisément les tolérances des pièces et qu’on les

dimensionnait sans mesquinerie !


 

J’ai mis les mains dans la graisse, l’huile et le cambouis

et le plaisir de travailler la belle mécanique.

La chance m’accompagnant j’ai réussi à réparer :

détordre l’une des tiges de rappel !

puis comme l’un des guides des chariot s’était cassé

lors du chargement de la bestiole, j’ai ajouté une plaque

d’acier que j’ai boulonné provisoirement

en attendant peut-être une brasure.


 

J’ai trouvé un moteur doté d’un réducteur

qui le fait tourner à environ 300 tours par minute :

en tenant compte des diverses réductions : poulies

et engrenages, ma platine fera 8 impressions

à la minute, ce qui est suffisant pour moi .


 

En électricité je me débrouille un peu, mais pas assez pour

concevoir une protection efficace pour le moteur.

Robert, mon cousin électricien est donc intervenu,

et a résolu la chose avec élégance :


 

***

Alors que devient la gravure sur lino dans tout cela ?

Curieusement c’est toujours (allez, disons souvent)

quand j’ai l’esprit occupé par autre chose que la créativité

me démange, et ici, c’est ce qui se passe :

je travaille sur la vague de ma  « manif » :


 

j’ai découpé le lino et l’ai collé sur une plaque

de médium pour avoir une base rectiligne

me permettant de placer un texte en dessous.

Je travaille aussi sur mon projet de

chambre :

 

 

Tout en pensant à un texte éventuel.

Comme je vais participer à la manifestation

« l’art prend l’air » organisée par le conseil général,

je prépare aussi une affichette

pour l’atelier :


 

Elle devrait s’accompagner de typo et

donner quelque chose comme ça :

 


j‘ai encore quelques petites imperfections à corriger,

mais pour un premier tirage sur kraft c’est pas mal !

pendant ce temps tip top sommeille dans l’atelier !

 


***




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La vague des drapeaux rouges

 

Voici où j’en suis de mes réflexions,

pensées, périgrinations,

sur ma gravure

« la manif »

***

Elle devait

donner quelque

chose comme ça :


 

Mais comme la plaque

des drapeaux m’apparaissait

très graphique, elle va plutôt s’orienter

vers quelque chose comme ceci :


 

Il me reste

à graver la plaque

des hampes des drapeaux

et de la vague, et à composer le texte

qui s’oriente vers :

je suis, je suis tu es, je suis tu es il est,

je suis tu es il est nous sommes vous êtes … ils ont !

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ma linogravure de la manif : évolution

L’année 2010  terminée m’a laissé le souvenir des  grandes manifs

où on a vu refleurir les drapeaux rouges et les slogans.

J’ai eu envie d’en faire une gravure,

et pensant à ce que Vallotton avait gravé lui aussi,

je suis parti comme souvent sur du figuratif,

des gens représentés :

 

 

 

Je travaille sur un nouveau linoléum, collé sur du médium,

utilisé en parquet flottant,

et c’est très agréable à travailler, le support est rigide, et la matière

douce et souple sous l’outil, et en plus il aime l’encre


 

et voilà, ma manif est sous la presse prête

pour les premières impressions


 

La première épreuve me convient assez,

je note les retouches à apporter

j’ajoute du texte, c’est devenu presque obligatoire !

et ça tombe bien, ma petite fille C apprend les verbes auxiliaires

et me les récite fièrement :

je suis, tu es, il est,.. ils ou elles ont

j’adopte de suite pour ma gravure, la première ligne au dessus

avec l’être, la deuxième en dessous avec l’avoir

et mes drapeaux je les vois rouges

alors il faut une deuxième plaque :


 

j’en tire une épreuve, et :

 

 

Je crois que je vais tout recommencer à partir de là :

garder cette image quasi abstraite, et assez graphique

en noir ajouter juste des hampes aux drapeaux

garder la typo

et plutôt que mes gens, une énorme vague déferlante ?

***

Vous mes lecteurs qu’en dites vous ?

Hého !


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La main, l’intelligence et le coeur …

C’est le changement d’année,

des instants propices à la réflexion,

sur le temps qui passe, et les projets d’avenir.

C’est  le moment que choisit

le journaliste de Ouest France

pour m’interroger sur mon activité :

Témoignage

Jean-Pierre Coasne, fort de sa sensibilité artistique et doué d’une compétence pédagogique, renoue, dans son atelier de la Bergerie, avec la réalité des choses simples en pratiquant la gravure.

« Quand je fabriquais des jouets en bois, à Noël, c’était l’exubérance des journées de travail bien longues et le plaisir de faire plaisir. Aujourd’hui, cette période est plus calme, détendue. J’ai arrêté la fabrication de jouets en bois quand la concurrence des pays asiatiques est devenue trop forte.

J’ai eu l’opportunité de trouver un travail d’enseignant en communication. Comme on ne s’improvise pas vraiment prof, j’ai passé une licence de sciences de l’éducation et j’ai enseigné, pendant douze ans, la publicité et la communication.

J’ai, à nouveau, changé d’orientation quand, la crise venant, mon école a licencié ses profs. En 2006, je me suis retrouvé, douze ans après, dans l’atelier de mon premier projet, cette fois pour graver le bois, le lino et le contreplaqué.

Aujourd’hui, je renoue avec mes racines. Mon père et mon grand-père étaient ébénistes, mes tantes sculptrices sur bois. Toute mon enfance a été baignée de copeaux, de bois et d’histoires d’artisans.

J’ai eu la chance de suivre une formation de graveur. Ce qui aurait pu être un loisir s’est transformé en une véritable activité. Je me réalise pleinement dans cet art d’autant que je développe, depuis cette année, des stages à l’atelier et des animations à l’extérieur. Cette facette de mon activité vient combler le manque de contacts et la solitude de l’atelier. Elle me permet de continuer à transmettre mon savoir.

Comme j’ai eu la chance de rencontrer des professionnels de l’imprimerie, quand j’étais professeur de publicité, j’ai noué des contacts et appris aussi beaucoup auprès d’eux. Maintenant que je pratique la gravure, je l’associe à la typographie matérielle : j’utilise des presses typographiques et des caractères en plomb, mais aussi en plastique et en bois, avec les enfants.

Après avoir gravé des paysages, des images de la ville, j’y ai peu à peu introduit les gens. Ma gravure s’oriente désormais vers la vie, l’humain, le social. J’associe à mes gravures de courts textes, provenant de la vie quotidienne, de mots d’enfants, de réflexions sur notre époque. Pour les fêtes de fin d’année, j’ai réalisé des cartes de voeux en utilisant des personnages gravés, à l’occasion d’animations avec des enfants.

À l’heure d’internet, du multimédia, de l’informatique et d’un monde de plus en plus virtuel, je crois qu’on ressent tous le besoin de renouer avec la réalité des choses simples. »

Contact. Atelier de Jean-Pierre Coasne, la Bergerie, route de Trans-sur-Erdre, 44 390 Les Touches ; tél. 02 40 72 41 41 – jp.graveur@orange.fr.


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Neige sur la bergerie

Comme les enfants, on attendait la neige


enfin elle est là, et endormies, toutes les anciennes impressions

reviennent très vite, comme si le réveil

les avait tout à coup saisies :

même le bois si tranquille au soleil

s’emmitoufle sous la neige

Les vacances de Noël approchent

l’atelier tourne au ralenti,

j’imprime pour

la maison :

malgré le désordre de ma table de travail,

une affichette prend forme :

et sèche doucement

pas de linoleum cette fois,

mais de la bonne grosse typo

et des effets d’encrage !

***

Alors, bonnes fêtes de noël

et à l’année prochaine !

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Fin de stage : le linoléum dans tous ses états

Fin de l’année, fin de stage,

l’hiver est bien là

et malgré le froid :

mes stagiaires gravent et impriment

Les oeuvres sèchent dans l’atelier

encore,

encore,

et encore !

et moi je rêve

à une future

presse !


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