A l’automne, les grandes ombelles fanées,
dans les fossés, et au long des haies,
dressent, graphiques, sur le fond vert
tendre des herbes, leurs tiges brunes,
hérissées des restes rigides de
l’inflorescence de l’été passé.
*
Au graveur qui les voit, elles appellent,
typographiques, un regard attentif :
plantées comme des signes inconnus
sur des chemins étranges, elles parlent
cependant sans le moindre bruit.
*
Longtemps je pensais les graver, mais
ne trouvais pas l’inspiration, malgré
leur dessin, et la force de leurs traits.
Cette année, enfin, j’imaginais
la vie dans leurs lignes rigides.
*
Elles virevoltaient, tournoyaient :
insectes déboussolés, guêpes fatiguées,
abeilles butineuses attardées,
en jeunes femmes, bien calées
sur leurs balançoires volantes.










