Ce matin découpe du papier,
préparation de l’encre,
composition du titre,
et calage,
de la lectrice éperdue
dans la presse à épreuve :
la plaque de lino est immaculée,
le tirage peut commencer :
encore, et toujours, la même émotion
quand le papier sort de la presse !
tout va bien,
ma lectrice est bien comme je la voulais,
toutefois, à y regarder de plus près,
elle gagnerait à être
ouverte vers le haut
petits papiers
en action :
la suite, bientôt !
Maintenant que les dessins sont faits,
place à la gravure
qui s’installe sur le trait, à coté, ou carrément ailleurs !
Le propre de la gravure, quand elle prend son envol :
La chevelure de ma lectrice, ébouriffée à souhaits
m’ a emmené dans l’abstraction
j’ai renoirci après avoir gravé
pour « sentir » le résultat !
Je n’ai pas encore de nom pour elle :
lectrice triste, lectrice éperdue,
on verra quand elle sortira de la presse !
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Dans ma série de « lectrices »,
je recherche un trait assez pur,
des ombres aux contours bien marqués,
un aspect graphique volontaire,
où les blancs et les noirs excluent
définitivement la nuance
du gris : tant pis !
***
Pendant ce temps, ma lectrice allongée
enfin imprimée sèche :
Je continue ma série de lectrices,
aujourd’hui j’ai gravé pendant plus de 5 heures,
c’est très prenant, mais pour le geste, c’est excellent :
toute la gravure s’en ressent, elle se fait dans un même souffle
parfois j’avais même l’impression d’être totalement
dans l’abstraction !
j’ai tourné et retourné la plaque dans tous les sens,
l’illusion est totale !
Comme j’ai de très grandes plages de blancs,
j’ai détouré l’image,
tout d’abord à la scie à chantourner,
puis à la gouge de sculpteur,
pour éviter les macules au tirage.
***
La gravure précédente était trop chargée
en éléments « parasites », j’ai ôté de l’herbe, c’est de saison !
et pendant ce temps, les marguerites
envahissent le potager,
mais c’était un peu voulu !
***
Aujourd’hui, l’atelier ressemble plus
à un atelier de dessin que de gravure :
j’ai préparé deux nouvelles plaques
après avoir dessiné, gommé, découpé,
collé des bouts de papier :
ce sera :
« la lectrice allongée «
et la suivante :
s’appellera :
la lectrice triste
J’ai passé presque 9 heures
à graver ma lectrice dans le pré !
Le jeu en valait
la peine :
elle est belle !
J’ai cru avoir beaucoup stylisé
c’est vrai pour le modèle,
pas pour l’arbre, et ça je ne l’ai vu qu’au tirage
C’est la magie de l’impression :
d’une part, elle inverse l’image
qu’on voit longtemps pendant la gravure,
et d’autre part, l’image sur papier
s’éloigne de l’image gravée :
l’arbre parait très stylisé sur le lino,
alors qu’il est très figuratif sur le papier :
Je suis content :
l’impression d’ensemble
est bien telle que je la recherchais :
une fille qui s’endort en lisant,
par une journée d’été éclatante de soleil.
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Aujourd’hui, stage de linogravure à la Bergerie
Les participants décident de graver dehors,
il fait meilleur que dans l’atelier !
les mains travaillent à un bon rythme !
quand les criaillement d’un hérisson
délaissé par sa mère
attirent stagiaires et voisins
dans le jardin :
décidément, après grenouilles et mésanges,
voici les hérissons !
Les paparazzis photographient
peut-être un thème animal pour les prochains stages ?
Pour l’instant, on imprime les premières épreuves :
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J’ai commence ma série de lectrices,
Le thème me plaît bien, les idées sont déjà là !
Je commence par Cathy qui lit dans le pré,
Je suis parti d’une photo de l’été dernier,
j’ai travaillé les noirs, voulant jouer
sur une journée éclatante de lumière.
La gravure sera donc très claire :
Impatient, comme toujours (!)
je commence cependant par un dessin soigné,
j’ai appliqué la « règle des tiers »:
le visage de mon modèle est placé
aux tiers horizontaux et verticaux de l’image,
de façon à la dynamiser.
Puis, je grave la lectrice :
Je crois avoir trouvé la légende :
« lectrice dans les prés »
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