Nantes sur Loire : gravure sur bois 2°

J’en étais resté à la gravure du ciel.

La ville était dessinée sur le bois,

déjà je sentais l’oeuvre arriver,

mais il fallait graver Nantes

Ce matin j’ai démarré tôt,

le poêle ronronnait dans l’atelier,

et je gravais sans relâche le contreplaqué

choisi pour son veinage assez marqué,

mais vraiment dur à creuser.

Je me suis aidé du maillet

pour la bonne maîtrise du geste.

Il m’a fallu toute la matinée :

le bois se grave plus difficilement

que le lino auquel je me suis bien habitué.

impression nantes sur loire avec frise


Vite, il fallait imprimer avant le repas,

pour voir sans plus tarder.

Le résultat est à la hauteur de l’effort :

le bois est bien présent,

et les contours bien nets.

L’ après-midi est consacré aux impressions.

J’ai collé le bois de la ville sur un autre bois

et le ciel vient s’ajuster sur l’ensemble

quand il est encré ; ainsi chaque bois

reçoit sa couleur séparément.

Ma gravure est en deux couleurs,

parfaitement imbriquées sans bavures.

Il me reste à poser la Loire

et j’abandonne vraiment le bois brut

pour une frise ondulée.

J’ai posé la frise sur le lit de la presse

et je commence par elle, en bleu clair,

ensuite, c’est au tour du ciel, en attente.

J’encre la ville en rose, la bloque contre la frise,

enfin, le ciel vient s’encastrer dans la ville.

J’ai réglé les trois épaisseurs,

la frise est un peu plus haute

mais le rouleau de presse est assez souple

et tout va bien, même si je travaille à sec.

demain j’essaye en noir blanc et gris.

Une gravure de Nantes sur Loire !

Nantes sur Loire

Le bois brut

Quand il est encré

Laisse des impressions

De caractère, fortes, texturées.

Le village récemment gravé

L’a bien montré.


Je voulais graver Nantes

Depuis longtemps, et là, l’idée m’est venue :

Je vais utiliser le bois brut pour la Loire,

Et pour les tours Bretagne,

Du château, et Lu

Un contreplaqué de fil vertical

Pour le ciel c’est absolu,

Le même, mais de fil horizontal,

Pas de linogravure

Cette fois-ci, mais quelle allure !

Pour la limite entre Loire et ville,

Pas compliqué : ce sera horizontal,

Et pour la limite entre ciel et ville

Ma scie alternative qui jamais ne cale

Découpera les deux plaques

En même temps sans sortir

De la ligne démoniaque :

Et je coupe et je grave sans mollir.

Mais voilà : je suis dans l’atelier

Et le bois brut initiateur du projet

Semble soudain hors de propos

Ma Loire disparaît un instant …

Pour renaître soudainement

Avec une frise ondulée

Tout-à fait adéquate

Attendons donc

L’encrage et l’impression

Des premiers tirages,

Je ne suis pas sûr

Que ma Loire

Demeure…


3 étapes de nantes gravée

Tagué

À force de les voir


A force de les voir, ces planches,

je ne les regardais plus ;

À force de les manipuler

un jour de rangement

(ça arrive quelquefois)

je les ai vues autrement :

comme des bois gravés !

Déjà gravés.

La tentation était forte

de les passer sous la presse

telles quelles, mais la main

qui sommeille en moi

ne l’a pas voulu :

elle demandait son dû !

Alors, épargnant le bois brut,

j’ai gravé la partie plane de la planche,

suivant même le fil du bois,

un petit village en est sorti

sous un ciel tourmenté

paisible au milieu des champs.

images village


Linogravure : la liberté en rouge et bleu

je n’ai pas résisté

j’aurai pu m’arrêter là

mais voilà

ma liberté

a trois couleurs

le calme du bleu

le pur du blanc

la révolte du rouge

liberté tricolorebleu et rouge en noir

ne me parlaient pas

forcément

alors j’ai imprimé

quelques tricolores

Tagué

Ma liberté en linogravure (suite)

ET voilà !

Ma Liberté d’aujourd’hui

Telle que je la sens ces jours-ci

Est-ce la guitare que les enfants m’ont offerte ?

Ou encore le dernier concert , Joan Baez à Nantes,

Je ne sais, mais ma liberté j’y tiens, l’égalité et la fraternité aussi.

Encore des gravures en perspective !

Quelques photos

de l’atelier :

encrage libertéencrage de la plaque

liberté sous la pressela liberté de la presse (!)

la liberté sècheEt maintenant : séchage

corde à linge et libertéLe graveur est content.

Tagué

linogravure de la liberté, suite

Je vais paraphraser ce que j’écrivais il y a peu :

après le dessin, est la gravure.


liberté gravée 2°


Ce matin j’ai redessiné les formes de ma liberté,

en quelque sorte, je l’ai actualisée

et sa guitare s’est en revanche arrondie.


liberté gravée 1°

J’ai commencé par le détourage complet de la silhouette

et ensuite j’ai gravé le visage.


Tagué

Ma Liberté en linogravure

Aujourd’hui

Ma liberté sort de sa violence guerrière

liberté 3°

Elle s’avance sans armes

Fragile

Mais farouche et déterminée

Les seins toujours dénudés

Elle empoigne sa guitare électrique

Fusil dérisoire d’une révolte

D’aujourd’hui

liberté 4°

Aux balles de plomb

Je préfére

Quelques notes de musique

Et à la mitraille

des accords de guitare,

C’est donc ainsi

Que je grave ton image

Ma liberté aujourd’hui.

Tagué

la linogravure s’expose à oudon, suite

Vendredi, c’était le vernissage de l’expo de Oudon. J’y avais convié les amis et les copains. C’est petit un café quand on est nombreux, et on l’a vite rempli, au point que pas un n’a eu l’idée de sortir l’appareil photo de sa poche ! Résultat : rien à vous montrer. Bon, des gens regardant les murs, un verre à la main, un amuse-bouche dans l’autre, et bavardant à qui mieux mieux, ce n’est intéressant que pour ceux qui y étaient.

Je vous livre cependant l’article de l’Écho d’Ancenis, qui s’est fait pour l’occasion l’écho de cette manifestation culturelle et dégustative.

photo presse oudon

Et comme je continue à imprimer sur ma grande presse, quelques images d’impressions.

travaux sur la grande presse

Tagué

EXPOSITION à OUDON

café du hâvre oudon-3

Du 8 Octobre au 19 Novembre, j’expose mes linogravures et des acryliques au café du Hâvre, au pied de la tour à Oudon.

J’ai composé cette présentation autour de trois thèmes : la ville, la nature et les visages de femme.

Les linogravures sont celles sur lesquelles je travaille depuis deux ans, les acryliques en revanche sont très récentes.

Le format de mes oeuvres est dicté par la taille de ma première presse d’impression,

Je devrais très bientôt accéder à des tailles de linogravure vraiment plus imposantes : affaire à suivre !

Tagué

La linogravure et le typographe

Le premier jour :

Une linogravure doit tout d’abord être pensée, dessinée, gravée, et enfin imprimée. Penser, ça va ! Dessiner, aussi. Graver, je l’ai appris depuis longtemps, et je pratique à nouveau depuis trois ans. Imprimer, c’est une autre paire de manches. J’ai une petite presse à épreuves, qui limite mes formats de papier à 30/40 cm, donc mes linogravures à 20/40 cm.

Je sais qu’un jour je passerai à la taille supérieure. Et le hasard me fait rencontrer un typographe de métier, pendant une semaine de vacances en Morbihan.

Lucien Lorans exerce avec force et conviction son métier d’imprimeur. Il ne fait plus d’affiches depuis longtemps, et la grande presse à épreuves qui leur était dédiée, est reléguée au fond et sert de table, cependant que les belles Heidelberg rutilantes tournent dans l’atelier.

Je suis heureux de notre rencontre, il parle avec amour de la typographie au plomb, je lui parle avec autant de ferveur de ma linogravure. Nous sommes faits pour nous entendre, et je sens que la presse va changer de mains.

C’est une Deberny et Peignot, entièrement manuelle, posée sur un bâti en acier. Elle est en fonte, et très lourde. On évalue son poids à 160 kilos. L’affaire conclue, je repasserai avec des bras solides !

Trois jours plus tard avec deux de mes gars, on repart en Bretagne, en camionnette, et l’aventure continue, la presse est chargée sans trop de difficulté, et nous sommes de retour à La Bergerie en fin d’après-midi. Nos amis et amies du village sont au rendez-vous pour le coup de main :

arrivée de la grande presse (images)Le support de machine, image abstraite issue des encres qui ont coulé sur lui, est sorti et installé sans soucis. La presse exige des mains et des bras solides : Benjamin et Florian, mes enfants travaillent  de concert, mes deux voisins Alain et Alain se joignent à moi pour extraire la machine du fourgon. Alors qu’on la pose sur un chariot, Florian découvre des trésors de bois et de plomb mêlés, Claudie et Sophie, les « petites mains » attendent de pied ferme l’entrée de la grosse bête dans l’atelier, et se préparent à glisser les tréteaux par dessous. Domi absente des photos – et pour cause – fait le reportage. Un dernier réglage, et c’est tout bon, l’installation a réussi ! Une affiche réalisée il y a 20 ans par Lucien Lorans retrouve – émue – sa presse maternelle.

Le deuxième jour :

Maintenant que la presse est arrivée, le plus urgent, c’est l’essayer. Le lendemain, je n’ai de cesse d’imprimer, je choisis le coq du clocher, une de mes dernières réalisations, et sans procéder à un examen minutieux, qui viendra plus tard,  j’imprime. La plaque d’inox qui reçoit la gravure est un peu gondolée. Pour un essai ça devrait marcher !

deuxième jour de la presse

Je joue avec mon nouveau jouet. Avec sérieux, implication, concentration, mais aussi plaisir, jubilation, joie. J’étais prof de production graphique pendant 8 années, je n’avais pas le loisir de pratiquer, et maintenant, comme une boucle qui se referme doucement, je passe de la théorie à ma pratique, et quelque part, ça ressemble à du bonheur. D’autant que je le ferai partager à d’autres, amis, copains, stagiaires, visiteurs habituels ou passagers de mon atelier.

Et quand tout est nettoyé, réglé, graissé, inspecté,  je décide l’ajout d’une petite touche personnelle en peignant le support d’un jaune – de Morbihan – éclatant, qui réveille soudainement la belle endormie. Je préserve cependant le panneau de fond, qui garde ainsi ses abstractions typographiques.

Tagué