Ma liberté
brandit sa guitare,
fière et volontaire elle attend
une légende, un titre,
ce sera
Aux arts citoyens !

Ma liberté
brandit sa guitare,
fière et volontaire elle attend
une légende, un titre,
ce sera
Aux arts citoyens !

J’en étais resté à la gravure du ciel.
La ville était dessinée sur le bois,
déjà je sentais l’oeuvre arriver,
mais il fallait graver Nantes
Ce matin j’ai démarré tôt,
le poêle ronronnait dans l’atelier,
et je gravais sans relâche le contreplaqué
choisi pour son veinage assez marqué,
mais vraiment dur à creuser.
Je me suis aidé du maillet
pour la bonne maîtrise du geste.
Il m’a fallu toute la matinée :
le bois se grave plus difficilement
que le lino auquel je me suis bien habitué.

Vite, il fallait imprimer avant le repas,
pour voir sans plus tarder.
Le résultat est à la hauteur de l’effort :
le bois est bien présent,
et les contours bien nets.
L’ après-midi est consacré aux impressions.
J’ai collé le bois de la ville sur un autre bois
et le ciel vient s’ajuster sur l’ensemble
quand il est encré ; ainsi chaque bois
reçoit sa couleur séparément.
Ma gravure est en deux couleurs,
parfaitement imbriquées sans bavures.
Il me reste à poser la Loire
et j’abandonne vraiment le bois brut
pour une frise ondulée.
J’ai posé la frise sur le lit de la presse
et je commence par elle, en bleu clair,
ensuite, c’est au tour du ciel, en attente.
J’encre la ville en rose, la bloque contre la frise,
enfin, le ciel vient s’encastrer dans la ville.
J’ai réglé les trois épaisseurs,
la frise est un peu plus haute
mais le rouleau de presse est assez souple
et tout va bien, même si je travaille à sec.
demain j’essaye en noir blanc et gris.
Nantes sur Loire
Le bois brut
Quand il est encré
Laisse des impressions
De caractère, fortes, texturées.
Le village récemment gravé
L’a bien montré.
Je voulais graver Nantes
Depuis longtemps, et là, l’idée m’est venue :
Je vais utiliser le bois brut pour la Loire,
Et pour les tours Bretagne,
Du château, et Lu
Un contreplaqué de fil vertical
Pour le ciel c’est absolu,
Le même, mais de fil horizontal,
Pas de linogravure
Cette fois-ci, mais quelle allure !
Pour la limite entre Loire et ville,
Pas compliqué : ce sera horizontal,
Et pour la limite entre ciel et ville
Ma scie alternative qui jamais ne cale
Découpera les deux plaques
En même temps sans sortir
De la ligne démoniaque :
Et je coupe et je grave sans mollir.
Mais voilà : je suis dans l’atelier
Et le bois brut initiateur du projet
Semble soudain hors de propos
Ma Loire disparaît un instant …
Pour renaître soudainement
Avec une frise ondulée
Tout-à fait adéquate
Attendons donc
L’encrage et l’impression
Des premiers tirages,
Je ne suis pas sûr
Que ma Loire
Demeure…

A force de les voir, ces planches,
je ne les regardais plus ;
À force de les manipuler
un jour de rangement
(ça arrive quelquefois)
je les ai vues autrement :
comme des bois gravés !
Déjà gravés.
La tentation était forte
de les passer sous la presse
telles quelles, mais la main
qui sommeille en moi
ne l’a pas voulu :
elle demandait son dû !
Alors, épargnant le bois brut,
j’ai gravé la partie plane de la planche,
suivant même le fil du bois,
un petit village en est sorti
sous un ciel tourmenté
paisible au milieu des champs.

je n’ai pas résisté
j’aurai pu m’arrêter là
mais voilà
ma liberté
a trois couleurs
le calme du bleu
le pur du blanc
la révolte du rouge
bleu et rouge en noir
ne me parlaient pas
forcément
alors j’ai imprimé
quelques tricolores
ET voilà !
Ma Liberté d’aujourd’hui
Telle que je la sens ces jours-ci
Est-ce la guitare que les enfants m’ont offerte ?
Ou encore le dernier concert , Joan Baez à Nantes,
Je ne sais, mais ma liberté j’y tiens, l’égalité et la fraternité aussi.
Encore des gravures en perspective !
Quelques photos
de l’atelier :
encrage de la plaque
la liberté de la presse (!)
Et maintenant : séchage
Le graveur est content.
Je vais paraphraser ce que j’écrivais il y a peu :
après le dessin, est la gravure.

Ce matin j’ai redessiné les formes de ma liberté,
en quelque sorte, je l’ai actualisée
et sa guitare s’est en revanche arrondie.

J’ai commencé par le détourage complet de la silhouette
et ensuite j’ai gravé le visage.
Ma liberté sort de sa violence guerrière

Elle s’avance sans armes
Fragile
Mais farouche et déterminée
Les seins toujours dénudés
Elle empoigne sa guitare électrique
Fusil dérisoire d’une révolte
D’aujourd’hui

Aux balles de plomb
Je préfére
Quelques notes de musique
Et à la mitraille
des accords de guitare,
C’est donc ainsi
Que je grave ton image
Ma liberté aujourd’hui.
Vendredi, c’était le vernissage de l’expo de Oudon. J’y avais convié les amis et les copains. C’est petit un café quand on est nombreux, et on l’a vite rempli, au point que pas un n’a eu l’idée de sortir l’appareil photo de sa poche ! Résultat : rien à vous montrer. Bon, des gens regardant les murs, un verre à la main, un amuse-bouche dans l’autre, et bavardant à qui mieux mieux, ce n’est intéressant que pour ceux qui y étaient.
Je vous livre cependant l’article de l’Écho d’Ancenis, qui s’est fait pour l’occasion l’écho de cette manifestation culturelle et dégustative.

Et comme je continue à imprimer sur ma grande presse, quelques images d’impressions.


Du 8 Octobre au 19 Novembre, j’expose mes linogravures et des acryliques au café du Hâvre, au pied de la tour à Oudon.
J’ai composé cette présentation autour de trois thèmes : la ville, la nature et les visages de femme.
Les linogravures sont celles sur lesquelles je travaille depuis deux ans, les acryliques en revanche sont très récentes.
Le format de mes oeuvres est dicté par la taille de ma première presse d’impression,
Je devrais très bientôt accéder à des tailles de linogravure vraiment plus imposantes : affaire à suivre !