Il y a quelque temps déjà, je pensais à une série.
Autour d’un thème commun, un thème qui réunirait l’ensemble des gravures.
Les graveurs japonais, Hokusai en tête, me fascinent depuis que je grave. Le choix vint assez facilement, ses estampes, je les ai vues à New York, dans un restaurant au nom prédéterminé, à Quimper lors d’une exposition reliant André Rivière et les graveurs Japonais, enfin au Musée Guimet à Paris.
Alors, le Mont Juillet, qui domine notre commune s’est imposé à moi. Il est tout petit, facile d’accès, ne se voit pas forcément de très loin, mais comme le Fuji, c’est un ancien volcan, sa roche est rougeâtre, et depuis la préhistoire, les hommes le vénèrent, tout au moins le fréquentent.
Autour de lui, la vie quotidienne se déroule calmement, économique, agricole, culturelle. C’est un bon prétexte pour parler, par images, de la vie de tous les jours.
J’ai démarré la gravure de la première estampe, le Mont-Juillet en hiver, bien calme dans le paysage des arbres décharnés, dominant la cité, dont on n’aperçoit que le clocher de l’église, en contrebas. J’ai choisi de travailler en couleurs, utilisant la technique de la plaque perdue.
Comme Hokusai j’aime le Bleu de Prusse, il sera à la base des trois verts, donnant ainsi une unité à l’image. J’ai fait trois passages, accentuant la couleur à chacun, partant du jaune primaire avec un soupçon de Bleu de Prusse, et augmentant la quantité de bleu à chaque passage.
Dans cette technique on utilise toujours la même plaque, que l’on re-grave à chaque fois : pour le premier passage, j’enlève le blanc et imprime en vert très pâle, pour le deuxième j’enlève le vert très pâle et imprime en vert plus soutenu, et lors du troisième j’enlève le vert soutenu et imprime en vert foncé.
Je me prépare pour la suite, il faisait beau jeudi dernier, alors j’ai fait un peu de repérage à vélo et pris quelques photos.
Affaire à suivre !


